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LE BILAN COMICS 2016

Chapitre 1 BLISS s’impose !
L’éditeur Valiant s’offre une nouvelle chance avec l’éditeur Bliss comics. Aux usa, Valiant est outsider sérieux aux « big two ». un univers partagé ayant les apparences du neuf, abordable, cohérent intelligent et ne prenant pas ses lecteurs pour des billes. Il ne leurs manque des personnages « iconiques » et facilement reconnaissables. Malgré cela, à force de travail sérieux et grâce à une équipe artistique sans faille (aucun titre Valiant n’est mal dessiné, bâclé ni même clivant), l’éditeur parvient peu à peu à s’imposer dans le paysage. Il en est de même en France. Car Bliss table sur des titres abordables, ose les prix de lancement à 10 euros et profite même des fêtes pour poser ses couilles sur la table et proposer l’intégrale d’Archer and Armstrong, un des meilleurs comics de ces dernières années.
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1- ARCHER AND ARMSTRONG : l’intégrale le plus massif possible. Quasiment trente épisodes compilés dans un livre massue. Ca parle de voyage dans le temps à la Doctor Who et de guerriers éternels à la Moorcock , d’une secte complotiste totalement barrée où tous vos délires paranoïaques peuvent se réaliser. Nos deux compères s’embarquent alors dans une aventure délirante où fun absolu rime avec culture générale. Ma lecture de l’année sans hésitation
2- QUANTUM AND WOODY : c’est une sit-com super héroïque, mais qui à l’inverse de Deadpool ou Harley quinn qui fatiguent à force de références « geek » et propos méta textuels oublient carrément les axiomes de la comédie, du quiproquo, du loufoque et du gag. Ici les deux frères sont marrants et attachants. Une réussite.
3- DIVINITY : autre force de l’éditeur : les Events autocentrés. Pas besoin de lire 20 bouquins, cette minisérie suffit. Un cosmonaute soviétique se retrouve pourvu de pouvoirs divins et revient sur terre. Il décide donc d’imposer son modèle à la terre entière. Ce sera l’occasion au l’univers Valiant de former ses propres « Avengers » dans des scènes d’actions perchées et une narration vraiment ambitieuse, remplies de fulgurances.
4- THE VALIANT autre Event auto contenu. Comme il l’aime bien Lemire, Nouveau venu chez Valiant, greffe une jolie petite histoire d’amour au cœur d’une course poursuite assez gore. Paolo Rivera dessine cette série et c’est bien évidemment somptueux.
5- BLOODSHOT REBORN : reboot du héros qui est un savant mélange entre Punisher et Wolverine dans une ambiance proche de celle du premier Rambo. Le dessin est hyper détaillé et l’action au rendez-vous et cela malgré une certaine décompression.
6- RAI : encore un intégrale ou Clayton Crain a la bonne idée d’éclaircir sa palette. Visuellement virtuose.
Chapitre 2 : Marvel /Panini : la gueule de bois post secret wars !
Après un Event aussi ambitieux que raté, l’univers Marvel tente retrouver un nouveau ton, une nouvelle dynamique. La cohérence en prend un coup, les explications laissent à désirer. Bref ! la gueule de bois est sévère. Pas mal de série optent pour une certaine légèreté véhiculant une diversité positive visant un public de plus en plus ciblé adolescent. Mais le tout semble naviguer à vue. Surnagent dans le flot quelques séries fraiches ou bien étranges…
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1- SILVER SURFER. Dan Slott et Mike Allred marchent sur l’eau sur cette série. Ils parviennent à rendre hommage au silver age en le reprenant à leur compte tout en se lançant dans de nouvelles directions et cela avec un indifférence polie pour tout ce qui se passe dans le reste du Marvel Universe. C’est un pur bijour de ludisme, d’aventure et grande écriture. Le chef d’œuvre actuel dont on parlera encore dans 10 ou 20 ans.
2- VISION : un thriller redoutable, sombre et intelligent qui tranche avec les comédies débilitantes qui semblent constituer l’essentiel du catalogue actuel de l’éditeur. Climat rappelant le faux calme et l’angoisse sourde de la SF des années 50. L’autre titre marquant !
3- ALL NEW WOLVERINE : un titre super fun. Une vraie bouffée d’air frais. Laura parvient tout à fait à revendiquer l’héritage du nom Wolverine avec une intrigue rappelant Orphan Black. Le seul défaut, c’est que c’est très très léger et qu’on n’a pas grand-chose à se mettre sous la dent !
4- ANT-MAN : Nick Spencer est sans doute une des plus grosses valeurs sûres actuellement. Capable d’intrigues à tiroirs particulièrement tarabiscotées, il y ajoute souvent une bonne dose d’humour à la fois dans ses dialogues, ses situations et son sens du décalage mais pas trop. En plus il n’oublie ni la continuité ni de mettre de l’empathie à gogo. Bref on adhère à fond à cet Ant man loser sympathique, bon père mais maladroit et amoureux complétement immature. Abordable et agréable ! un vrai coup de cœur !
5- SAM WILSON CAPTAIN AMERICA : Le titre politique Marvel. Seul titre qui ose faire écho frontalement aux évènements actuels, ici nul question de changer les bases de ce que doit être Captain America en 2016 mais plutôt réincarner le rêve américain coute que coute. C’est donc à signaler.
Chapitre 3 : Urban ces petits malins.
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L’éditeur colossal sait occuper l’espace, cependant la désagrégation de l’univers DC New 52 n’est pas là pour aider à publier des grandes choses. Du coup, ils se rabattent sur les titres indépendants en fidélisant les publics de Rick Remender, Sean Murphy ou Warren Ellis. Ils ont également les reins suffisamment solides pour s’autoriser une réelle politique patrimoniale à l’image de ce qui existe déjà au niveau de la franco-belge. Ils n’hésitent donc pas à rééditer des trucs carrément passés de mode et je leur tire un grand coup de chapeau.
1-AUTUMNLANDS : Kurt Busiek nous présente un univers heroic-fantasy touffu renvoyant aux grands maitres du pulp. Les références sont donc multiples : pêle-mêle je pense direct à Edgar Rice Burroughs, Edmond Hamilton (pour les passages en prose) et Jack Vance (pour ce talent qui consiste à brosser des peuples aux traditions bigarrées sans alourdir le récit principal). Si la pirouette n’est pas l’idée du siècle, le génie réside bien dans l’écriture d’un Busiek « qui y croit » et dans la description à la fois dans la caractérisation et graphique d’un univers d’ores et déjà passionnant. A mille lieux de celui de Saga mais tout aussi fouillé et divertissant.
2-JUSTICE LEAGUE INTERNATIONAL : la fameuse « Ligue Bwa-ha-ha » aux caractères à la fois outrés et trempés. Il n’est pas question de prendre de haut cette ligue de bras cassés. Non ils sont de vrais héros positifs mais ils ont plein de petits défauts humains. On dirait l’ambiance d’un bureau. Je note la manie qu’a Blue Beetle d’exploser de rire et de ne pas savoir s’arrêter. Il est contagieux de bonne humeur et pourtant le propos peut parfois être plus grave. Un bon pavé pour s’en payer une bonne tranche.
3- PLANETARY : chef d’œuvre absolu de Warren Ellis. Entre hommage et ironie, un ton, une écriture et un graphisme éclosent véritablement au cours des pages. Un pu délice où rien n’est laissé au hasard
4-THE AUTHORITY : LES ANNEES STORMWATCH : où la naissance du comics moderne. Tout simplement. Les bases du post-moderne et du méta-textuel analytique se posent là. L’héroïsme est mort ! vivent les mercenaires sans scrupules et les black-ops. Coup sur coup, Ellis crée Jenny Sparks (bien plus rentre dedans et vénéneuses que les midinettes à selfie actuelles) Jack Hawksmoor et le couple Appolo et Midnighter en 1996…1997. Histoire de dire qu’aujourd’hui, ils n’inventent rien du tout à part du buzz pour amnésiques.
Chapitre 4 : Glénat la future valeur sûre indé…
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Bâtie sur des titres solides comme Lazarus ou Infinite loop, Glénat malgré des prix prohibitifs se hisse à la hauteur de ses concurrents avec une politique d’auteurs et une ambition qui veut se détourner du genre super héroïque. Cette année certains titres ont attiré la curiosité.
1-RAGNAROK : Tout est bruit et fureur: éclairs d’énergie et armures rocambolesques (sans oublier les chicots de traviole ) à la Kirby, se marient avec élégance avec le sens du délire dans les décors d’un Philippe Druillet où les personnages taillés dans le roc viennent donner un aspect granitique que ne renierait pas un Caza! je vous le dis, on est dans le grand monde où les silhouettes tantôt majestueuses, tantôt torturées entre deux scènes de batailles imposent leur grâce à la force du seul crayon de Simonson qui reste un auteur de BD et pas un pitcher de film…Ça fait du bien
2-LADY KILLER les aventures d’une femme au foyer ordinaire qui est aussi une tueuse à gages. Le dessin de Joelle Jones à la fois gracieux et anguleux filme l’action de manière virtuose. La bd idéale à adapter au cinéma. Un pitch, un personnage fort et de l’action.
3- EVIL EMPIRE : politique fiction pertinente. Plutôt que d’anticiper le règne hypothétique d’une personne réelle pour culpabiliser et angoisser un peuple désorienté comme on le fait chez nous, les américains s’intéressent au mécanisme d’un glissement à fois invisible et brutal d’une démocratie vers l’horreur. Captivant et glaçant !
4-BITCH PLANET : vraie bd coup de poing ! Féminisme militant, science-fiction à la limite du « grind ». C’est voulu comme une bombe. Peut-être n’explose-t-elle pas de manière aussi percutante, mais dans un paysage morne, c’est déjà un petit « pop »…
Epilogue :
Delirium en embuscade toujours en proposant son somptueux intégral vintage en noir et blanc, nous faisant (re)découvrir les géants du graphisme et de la lumière d’antan. Avec un monopole sur le fantastique et Judge Dredd
Delcourt se concentrant sur le catalogue de la vache à lait Robert Kirkman perd les autres batailles et se fait potentiellement doubler par tous les autres. Seul Golgoth le dernier empereur, ressort à mes yeux cette année. Dommage

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UNE POIGNEE (10) DE BROCHETTES DE TERIYAKI

Voilà la sélection manga des dix petits chefs d’œuvres persos façon madeleines…. A rebours comme ses petites soeurs…
 

10- AYACHI NO CERES par Yuu Watase

 
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Yuu Watase est une auteure spéciale, qui aime émailler son récit principal d’un tas de notes personnelles et d’anecdotes qui pourrait nous faire croire qu’elle est une apprenti-coiffeuse de 14 ans. Cela ne nous inciterait pas à la croire capable de tisser une intrigue extrêmement bien construite et bien dérangée. La vérité est que Yuu Watase reprend la plupart des canons des intrigues des shojos mangas: lycée, héroïne de 16 ans qui fait des karaokés avec ses copines et tout le reste. Mais une fois le sentiment de lire un truc bien confortable est installé, elle s’amuse à tout envoyer valser. Aya Mikagé est donc une jeune fille lambda qui s’apprête à fêter son anniversaire et celui de son jumeau. Dès qu’elle entrera dans la demeure familiale, elle réalisera que quelque chose cloche. Sa famille est donc réunie pour ce qui ressemble de plus en plus à une sorte de cérémonie d’initiation à l’issue de laquelle Aya n’est pas sûre de survivre. Car Aya est en fait la descendante de la Nymphe Céleste (« Ceres ») que la famille cherche à éliminer. A partir de cet instant s’enclenche une course poursuite à la fois pour fuir le consortium familial dont les buts « eugénistes » ne sont qu’une excuse versée à un vice absolument écœurant. Sous les gags hystériques, une intrigue malsaine à souhait où parfois rien que l’apparition d’un antagoniste en fin d’épisode vient donner des frissons de dégoût. Un coup de force.
 

9- MERMAID’S FOREST par Rumiko Takahashi

 
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Rumiko Takahashi est la reine des comédies sentimentales au soleil levant, mais elle possède un coté sombre, nourri par le folklore et le théâtre de marionnette propice aux fantômes et autres démons japonais. Dans une ambiance « Kwaïdan » parfaitement retranscrite, Rumiko raconte les errances d’un couple d’immortels parce qu’ils ont mangé de la viande de sirène. Beaucoup d’appelés pour cette dégustation culinaire particulière mais peu d’élus puisque la plupart de ceux qui y goutent se transforme en monstre sans âme. Eternité, malédiction sont le lot de nos deux vagabonds rapprochés par leur destin commun qui vont d’aventures morbides en aventures périlleuses. Le sirènes font planer une menace polymorphe, tantôt fantomatique, tantôt vicieusement humaine. Car évidemment, les hommes avides, envieux et jaloux recherchent ardemment cette substance ou ses dérivés et scellent par là même leurs destins. Ce n’est pas qu’un manga, c’est une estampe séquencée, c’est un conte où Rumiko avoue les influence Hiroshi Hirata de son pinceau. Son autre chef- d’oeuvre.
 

8- MW par Osamu Tezuka

 
 
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Derrière son visage angélique Michiko Yuki cache une âme bien plus sombre, violente est torturé. C’est un vrai criminel psychopathe qui organise des kidnappings de jeunes femmes fragiles contre rançon pour mieux les assassiner ensuite. Conscient de son trouble il va pourtant régulièrement confesser ses crimes à la paroisse du père Garaï qui horrifié devient prisonnier de ses vœux et complice de jeune éphèbe qui d’autre part le fascine totalement. C’est surtout la descente aux enfers de ce prêtre tenaillé par le remords, la culpabilité et la tentation (à la fois du mal et amoureuse) pour Yuki manipulateur, effroyable et sans pitié. Dans leur sillage s’amoncelleront les cadavres innocents comme eux-mêmes jadis, lorsqu’un évènement du passé les changea à jamais. Sur un canevas de thriller désespéré Tezuka n’oublie jamais de parler du Japon après la défaite de 1945. Meurtri, humilié et traumatisé, ce pays se relevait pourtant mais laissant de coté tout une faune invisible de victimes devenus monstres. Il glisse donc de ci ce là des commentaires politiques pour le moins amers, tout en faisant une nouvelle fois des prouesses de storytelling, inventif, efficace où chaque planche est construite comme une sorte de tableau narratif. Méconnu mais bluffant et dérangeant à souhait!
 
 
 
 

7-STRAIN Par Bursonson et Riyochi Ikegami

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Plongeons-nous dans ce que les japonais font de plus glauque en matière de « polar noir ». Mayo est un tueur impitoyable pour qui la vie ne vaut que 5 dollars. Sa mission cette fois sera d’éliminer une femme. Là Mayo se trouve plongé dans une histoire de famille tordue aux ramifications insoupçonnées. Coups de théâtre, duels au soleil, mafia, trafic de chair humaine et enfances sordides sont mélangées dans un tourbillon de violence effrénée. Comme à son Habitude Buronson explore un peu les enfances en période de conflit, le sort des enfants d’immigrés au Japon et l’incroyable lien d’amitié qui peut unir parfois même les pires ennemis. Comment marier l’honneur et coups de putes, tous les personnages sont des salauds au grand cœur empêtrés dans leurs propres bourbiers mentaux. Certains vont trouver une solution d’autre s’enfonceront encore d’avantage. Sur 5 tomes ce thriller shakespearien mélé à John Woo tient toutes ses promesses et laisse le champ libre à Ryoïchi Ikegami pour nous ravir avec ses planches instinctivement splendides surtouts sur ces visages superbement travaillés.
 
 
 
 
 
 
 

6- DRAGON HEAD par Minetato Mizoguchi

 
 
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Attention Claustrophobes s’abstenir. Ceci est un pur manga d’ambiance dark, malsaine et oppressante. Tout commence par un joli voyage scolaire dans le Shinkansen, lorsque tout à coup dans un tunnel, le train déraille et s’écrase. Trois collégiens seulement semblent avoir survécu à la catastrophe… Mais dans quel état. Eprouvant pour les nerfs et angoissant, ce manga explore l’âme humaine dans un climat catastrophe où, sur 10 tomes les protagonistes tombent de Charybde en Scylla. A la manière de Walking Dead, il n’y a pas de « grand scénario », juste de la survie et une description de la manière dont la société s’effondre au moindre traumatisme. Seul le point de vue de Teru est adopté afin que le lecteur partage au mieux ses peurs, ses doutes et surtout l’inconnu permanent qu’est devenu son quotidien. Et ce sentiment d’enfermement, d’étouffement. Seul la présence de Ako vient mettre un peu de lumière dans ce monde crépusculaire. Clairement une lecture qui accélère le rythme cardiaque.
 

5- DNA² par Mazakazu Katsura

 
 
 
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Personne ne voudra parler de ce petit shonen caricatural, où le héros est tellement timide qu’il vomit dès qu’il voit une fille. Curieusement sa vie amoureuse est au point mort. Mais il ignore qu’il possède en destin hors du commun: Il est un étalon en puissance qui ensemencera plus de 100 femmes et provoquera la surpopulation du Japon dans le futur. Ce futur a crée une police temporelle destiné à enrayer ce fléau. Ainsi débarque la jeune Aoï dans notre présent afin de protéger son futur. Oui, oui c’est le scénar de Terminator à la sauce nawak’. Pourquoi parler de ce manga? parce que Mazakazu Katsura est un auteur assez important et qu’il parvient dans cet ovni à marier ses deux marottes: les love story entre ados et les super-héros. Le tout ne prend pas du tout au sérieux et se permet de faire des détours du coté de Kenshiro (pour les délinquants débarqué de chez Mad Max) et surtout de DBZ pour les métamorphoses. Le second degré peut-être pas assez appuyé a sans doute nuit au succès de ce manga ma foi court, rythmé et finalement assez sympathique notamment grâce des personnages très bien caractérisés. C’est un peu un manga résumé pour celui qui ne voudrait pas se taper toute sa carrière. Katsura reste le roi incontestable d’un domaine que personne ne lui envie: le plan culotte !
 
 
 
 

4- PARASITE KISEIJU par Hitoshi Iwaaki

 
 
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Avec un graphisme épuré à l’encre de chine, des coups de pinceau visibles, et des personnages pour la plupart inexpressifs, on obtient une ambiance quelque peu étrange dès les premières pages. Le registre horreur à la Go Nagaï pour les monstres sanguinaires polymorphes s’insinue dans un quotidien pour le moins banal et même presque ennuyeux. Comme de juste le processus d’identification et d’émotion passe par un lycéen Shin’ichi qui parvenant à limiter l’infiltration d’un alien à sa main, doit faire face à une invasion extra-terrestre des plus singulière. Les créatures de l’espace « parasitent » les corps humains afin de les contrôler. Ce qui commence comme une variante de « L’invasion des profanateurs » aborde au fil des volumes des question bien plus profondes comme: Comment l’homme peut-il s’adapter-humainement et politiquement- lorsqu’il est confronté à l’inconnu. Comment cohabiter, qu’est l’esprit qu’est ce qui construit la personnalité d’un individu. Tout autant de thèmes parfaitement distillés dans un scénar horreur/gore qu n’oublie pas les rebondissements et les combats titanesques entre délire cannibale et duel de samouraïs. Parasite est un manga qui passa quasiment inaperçu mais vaut son pesant de cacahuètes.
 

3- DEVILMAN de Go Nagaï

 
 
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Devilman est le manga clé dans la carrière de Go Nagaï. Il peut laisser libre court à ses questionnements mystiques fort emprunts de chrétienté, tout en déchaînant une violence d’un sadisme inouï. Devilman raconte en manga, peu ou prou l’Apocalypse de Saint Jean avec un symbolisme fortement appuyé. Le héros Akira Fudo est possédé malgré lui par un démon et va devoir fusionner avec lui pour sauver l’humanité de l’Enfer qui s’est rouverte et d’elle-même. Go Nagaï développe aussi une mise en page expérimentale qui pourrait être pris aujourd’hui pour de la décompression mais qui lui sert à accentuer la démesure de la métamorphose du héros à la fois mentalement et physiquement. La tension monte durant ces scènes pour mieux annoncer la violence cataclysmique et traumatisante qui va suivre. Là encore Go n’oublie pas de tout faire passer par l’image. Tout est graphique, tout est visuel, les pouvoirs, les déformations, On est plongé dans une fin du monde qui tiendrait autant du jugement dernier que du 6 aout 1945. Le trauma est encore là, palpable dans une fable désespérée mais résolument pacifiste. Une très grande œuvre, bien pensée au visuel sous acide percutant.
 

2- GOLGO 13 par Takao Saito

 
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Pur produit de son époque, on peut se poser la question: Comment un manga peut il être aussi inspiré par les films/romans et personnages occidentaux et rester aussi typiquement japonais. Le héros déjà est une sorte de Dirty Harry mais qui serait joué par Toshiro Mifune. Il reprend le pardessus d’Alain Delon dans le Samouraï comme pour un clin d’œil? Comme ce dernier il est presque muet ce qui instaure dans tout le manga une ambiance particulière. Celui qui pourrait être aussi une variante du Parker de Richard Stark est en fait un rônin des temps moderne, il erre dans se propres aventures servant qui bon lui semble au gré de ses destinations. Il offre ainsi ses services de tueur à gages taciturne dans des missions très variées laissant parfois un indice sur sa vraie identité que l’auteur a l’intelligence de laisser dans l’ombre. Car voilà on est dans un manga polar, espionnage sombre mais contemplatif aux longues scènes d’expositions silencieuses et à la mise en page à la fois sèche et aérienne. Les éléments naturels sont aussi des acteurs, la neige de Russie ou le soleil d’une prison mexicaine imprègnent les différents récits sombres. Chaque cadavre a une histoire. Ce manga plonge le lecteur dans l’esthétique de la violence, crue, mélancolique comme la nature à la fois magnifique et sans pitié.
 

1- SCHOOL RUMBLE par Jin Kobayashi

 
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Si je devais qualifier School Rumble, je dirais que c’est la comédie scolaire romantique ultime. ultra dynamique, elle se pose en héritière assumée de la grande époque Ranma/Love Hina. Totalement décomplexée, cette série ne s’embarrasse pas d’un carcan trop rigide se permettant de changer régulièrement de protagonistes principaux. Si on démarre sur un sur un triangle amoureux loufoque composé par un Autiste profond (Karasuma), une azimutée du cerveau (Tenma) et un loubard dans ses trips (Kenji Harima), ma situation évolue rapidement au point d’éclipser les deux premiers pour laisser Kenji aux prises avec une ravissante héritière nippo américaine (Eri) et une ahurie timide et télépathe (Yakumo). Tout le monde est amoureux mais pas de la bonne personne, et ce qui est valable pour les personnages principaux l’est aussi pour tous leurs amis, parents, animaux etc… On a cassé le schéma du triangle amoureux au profit du polygone du sentiment non partagé. Ce qui pourrait être hystérique et gavant au bout de trois chapitres, est carrément hilarant grâce à une merveille de caractérisation pour chaque individu de cet univers. Tout aussi attachants les uns que les autres, on se prend à attendre les prochaines péripéties de tel ou tel couple entre des compétitions de hockeys sur piscine, matchs de lutte mexicaine, fête de l’athlétisme ou du printemps tous prétexte à toutes les loufoqueries possibles imaginables. Enfin Merci pour avoir inventer Kenji Harima, c’est de l’or en barre un type pareil toujours prompt aux remises en question les plus improbables (moine, loup de mer, mangaka…), c’est le gars aux raisonnements les plus absurdes qui soient…

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AVENGERS TOP 10

AVENGERS TOP 10
 

1-UNDER SIEGE par Roger Stern et John Buscema

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L’un des arcs les plus important à lire chez Avengers est un arc, où les membres clés et iconiques sont quasi absents. En effet à part Captain America, ou Thor eux même en retrait, Les Avengers de Stern sont bien différents. La guêpe en chef, si ça peut faire rire sur le papier s’inscrivait dans la même ambition de revaloriser les personnages féminins souvent cantonnés alors aux rôles de faire valoir. La guêpe, comme Tornade, la femme Invisible ou même Miss Hulk, prend enfin de l’ampleur et la tête du groupe. A ses cotés Le chevalier noir et Hercule sont même le reflet cette évolution. Le premier est clairement favorable à ce changement et l’autre hostile à l’idée de filer doux face à une femelle. Namor, Captain Marvel (Monica Rambeau), Ant-man (Scott Lang) sont aussi de la partie. Comme souvent chez les Avengers, l’histoire commence mine de rien presque de manière anecdotique dans des histoires n’ayant en apparence pas de liens entre elles. Une évasion, une manipulation, un recrutement… Les Avengers sont surveillés, divisés (trop fastoche !) et enfin attaqués jusque dans leur intimité. Entre vengeance des minables et projet plus ambitieux, le bouquin prend des allures de film de casse où même de film d’otages. Roger Stern mélange donc habilement certains types de suspens inhabituels en Super –Héros avec brio. Le dessin de Buscema n’oublie pas d’ancrer le tout dans une réalité quotidienne très concrète pour un rendu parfait.
 

2-AVENGERS FOREVER par Kurt Busiek, Roger Stern et Carlos Pacheco

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Kurt Busiek est un véritable historien de la franchise et lorsqu’il a pondu le concept de confronter des Avengers de plusieurs époques en même temps, il a eu un coup de génie d’abord et il s’est amusé comme un petit fou. Ce plaisir est communicatif. Busiek écrit les comics de manière emphatique mettant en exergue par une narration très présente toute la puissance, tout le courage et en un mot tout l’héroïsme des personnages. Dans ce bouquin il se donne plusieurs missions : d’abord il va réparer la continuité en disséquant les anomalies, les triturer et finalement leur trouver une explication. C’est donc un travail de titan qui nécessitera l’aide de Roger Stern. Puis il cherche à redonner du lustre à Hank Pym, le réhabiliter en lui donnant deux incarnations distinctes (putain de bonne idée ça). Enfin il va redonner également du prestige à Kang le despote temporel. Ce qui aurait pu être indigeste est une véritable chanson d’amour pour ce bordel qu’est l’univers Avengers fait de magie, de voyage dans le temps, de science, où Méphisto peut parfois rencontrer des dieux extra-terrestre. Rien ne devrait tenir debout et pourtant, tout passe au prisme du merveilleux, de la légende, mais aussi paradoxalement grâce à l’aspect très humain des personnages Marvel que Busiek comprend comme personne. Les Avengers sont sous sa plume un nouveau Mythe. Carlos Pacheco lui donne le meilleur boulot de sa carrière, à la fois épique, titanesque, foisonnant, bourrés de détails et de personnages. Il devient ici un vrai disciple de George Perez qui ne lâche rien durant les douze épisodes. Je ne connaissais que moyennement les Avengers et j’ai surkiffé comme un malade du début à la fin. Le boulot, l’ambition, la sincérité… Putain on a cassé le moule.
 

3- ULTRON UNLIMITED par Kurt Busiek et George Perez

 
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Busiek-encore lui- va continuer son travail de réhabilitation de Hank Pym souvent décrit comme un dépressif violent. Il puisera l’essence de son histoire dans l’arc « la promise d’Ultron » pour ainsi rassembler la famille la plus dysfonctionnelle qui soi… Ultron le robot maléfique a de sérieux problèmes psychologiques. Il a du mal à résoudre son œdipe. Il enlève donc son père (hank), sa mère (la guêpe), son frère gentil ( la Vision), son autre frère qui servi de modèle à l’autre(Wonder Man) et le petit dernier un peu crétin (le Moissonneur). Dans ce récit qui mêle intervention musclée pour sauver un pays d’Europe centrale et drame Shakespearien, le fameux Pym devra faire face à ce qui représente finalement toutes les facettes de sa psyché bien ravagée. La rédemption est peut être au bout du chemin ?   Les autres personnages du clan Pym/plastoc n’en sortirons pas non plus indemnes. Au xdessin la légende George Perez l’homme qui dessine toutes les feuilles d’un arbre et tous les cailloux du chemin vient enluminer avec grâce et puissance ce récit typiquement Avengers : une bande de dingues qui, une fois rassemblés accomplissent des exploits.
 

4- RED ZONE par Geoff Johns et Olivier Coipel

 
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Dans un climat politique paranoïaque post 11/09, les Avengers se trouvent confrontés à un menace bactériologique digne du film « Alerte ». Le seul problème est que cela cache bien d’autres choses, bien entendu ! Les Avengers n’ont eu de cesse de vouloir clamer leur indépendance vis-à-vis du gouvernement tout en rappliquant à chaque coup de sifflet de ce dernier. C’est ici ce trait bien particulier qui va les mettre en péril car nous avons affaire à un ennemi invisible et peut-être intérieur. La parabole est transparente, Alors que la Wakanda est désigné comme une puissance étrangère responsable du désastre, Geoff Johns ne dissimule même pas un pique envers la politique de George Bush envers l’Irak. Action bien mise en scène par Un Olivier Coipel en plein essor, Dramaturgie impeccable et ironie éclairée font de cette histoire un des derniers arcs fulgurant des Avengers.
 

5- KREE/SKRULL WAR Par Roy Thomas, Sal Buscema, Neal Adams et John Buscema

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La guerre Kree/Skrull  (rien à voir avec des biscottes suédoises) fut sur bien des points le premier EVENT des Avengers. La structure de cette histoire fut d’ailleurs le modèle pour toutes les autres du jusqu’au début des années 90. Cela commence par une histoire, cela dérive sur une autre qui ne semble pas avoir de rapport, puis on reparle d’autre chose avant de finir sur dernier chapitre rassemblant le tout mais de manière là encore détournée. Ici après le sauvetage de Captain Marvel exilé Kree par les Avengers, ils auront à faire à d’autres sentinelles de cette empire intergalactique. Puis ils se mêleront avec les Quatre fantastiques pour se battre avec les inhumains, ainsi qu’avec le Super-Skrull. En fait pendant la majeure partie du livre, on l’impression de voir les Avengers dans l’univers des FF. Un épisode raconte également comment l’Homme Fourmi en mode « Aventure Intérieure » répare La vison dans un délire graphique assez psychédélique. Enfin la conclusion viendra jouer avec vos neurones égarés en plein sub-éspace, tellement c’est perché. Conflit il y a mais « guerre », rien n’est moins sûr. Graphiquement, c’est un régal puisque Sal Buscema offre toujours des planches solides, Neal Adams explose littéralement avec des visages déformés, des poses exagérées et des mise en pages fracassées. Pour finir, John Buscema vient conclure pour affirmer qu’il est bien le boss. Un comics qui a fait date que c’est l’in des plus anciens qui continue à se lire sans vieillir.
 

6- THE KORVAC SAGA par Jim Shooter, George Perez et Sal Buscema

 
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                La saga culte où les Vengeurs doivent prendre le bus pour rendre visite à une menace cosmique habitant un cottage en banlieue. Comment ça ? Je ne vous ai pas vendu le truc ? En effet Korvac, c’est d’abord un ennemi planqué et déguisé en beauf (putain ce short !). Les vengeurs n’ont même pas conscience de le combattre. En effet ils auront affaire au Collectionneur, aux Gardiens de la galaxie originaux et à plein d’autres. Comme souvent dans les sagas de l’époque, on a plus affaire à une collection d’histoires connectées qu’à un « arc » vraiment cohérent. C’est d’ailleurs cela qui marrant. On aboutit à des situations burlesques, comme le fait que certains twists arrivent par hasard complétement sortis du chapeau. Cela transcende même les lois du « deus ex machina ». Certains concepts sont perchés comme il faut et le combat de fin mélange grandeur et ridicule. Mais rien que pour lire une histoire avec Dragon-Lune et Jocaste, ça vaut le coup. Sérieusement, c’est l’aspect grenier/fourre-tout qui a fait pour moi le charme des vengeurs de cette période.
 

7- NIGHTS OF WUNDAGORE par Jim Shooter, David Michelinie et John Byrne

 
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Au lendemain de la KORVAC SAGA, les Vengeurs se virent une fois de plus, 3000 en arrivant au port. Gyrich gueule et veut absolument diminuer la masse salariale au détriment de Hawkeye qui se retrouve donc à Pôle-emploi. Il annonce aussi que ce serait bien de garder les roms, heu…je veux dire les deux mutants pour les quotas. Immédiatement, QuickSilver fait un malaise (la joie, sans doute). Dès lors, Les jumeaux (QuickSilver et Scarlet Witch) devront repartir pour éclaircir les mystères de leurs origines en Europe au pied du Mont Wundagore, fief d’un expert en génétique/darwiniste nommé le Maître de l’évolution. Le terrible sorcier Chton sera aussi de la partie… Ce sont les prémices de la Wanda frappadingue. C’est aussi sans doute l’un des line-up des Vengeurs les plus iconiques sous les crayons de John Byrne décidément toujours à l’aise sur n’importe quel personnage. Super rythmé, le récit ne s’est pas démodé et fait la part belle à tous les membres de manière équilibrée. Ca fait par moment un peu brouillon de la « Dark Phoenix saga » (Byrne oblige je pense) mais honnêtement comment bouder notre plaisir devant un arc bien écrit, bien dessiné ?
 

8-EMPEROR DOOM (FATALIS IMPERATOR) par David Michelinie et Bob Hall

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Le Docteur Fatalis règne sur le monde ! il a réussi son but, accompli son destin. Les vengeurs grâce à Killgrave sont sous son contrôle. Et…Tout va bien… oui Tel un Napoléon moderne, il se pose en despote éclairé, soucieux d’améliorer le monde. Cela mettra donc très mal à l’aise les héros qui d’ordinaire n’ont jamais été foutu d’obtenir le même résultat. Mais Fatalis s’ennuie et plus ou moins consciemment jettera lui-même les germes de sa propre défaite. Dans les années 80, Marvel avait à cœur de dé-diaboliser   ses vilains. Magneto et Fatalis ont donc bénéficié d’une aura incroyable où ils montraient autant chevaleresques que psychopathes, gagnant en profondeur, en humanité . Les Histoires devenaient ainsi moins manichéennes. Bien avant d’autres ce Graphic Novel pose les questions sur le pouvoir, son exercice, les bonnes intentions et la liberté. Ces thèmes loin de vieillir, ont donc une drôle de résonnance aujourd’hui. Un comics intelligent qui rassemble en une cinquantaine de pages de la série JUSTICE met 12 épisodes à mettre en place. Le dessin pourrait paraître daté, mais les proportions, les décors, les postures et visages, y’a rien à redire, donc tout est ok. Seul un gout de trop peu pourrait gâcher l’ensemble.
 

9- ABSOLUTE VISION Par Roger Stern, Al Milgrom et Bob Hall

 
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La vision est un personnage assez fascinant chez les Vengeurs, il en est même à mon avis l’un des membres clés les plus permanents. De sa création en tant que homme synthétique doté d’une âme, qui préfigure finalement tous les cyborgs crées depuis, il est surtout un personnage extérieur posant un regard neuf sur l’humanité tout en se lamentant. Il est le premier robot-EMO (imaginez une seconde la gueule de la Porsche du psy de la Vision et du Silver Surfer !). Cette nature bien particulière le place cette fois dans une position où le pouvoir lui tend les bras. Les vengeurs sont dispersés et ne peuvent l’aider à supporter cette charge supplémentaire. A l’aide de l’intelligence artificielle ISAAC, il tente donc de réparer à lui tout seul, tous les mots de la terre. Bien évidemment ça dérape, mais entre tous les réservistes qui rempilent sans trop comprendre ce qui se passe, les autres membres trop occupés, cette histoire parle vraiment de l’isolement dans l’exercice du pouvoir et du comment une situation peut dégénérer lorsque personne ne s’occupe vraiment du problème. Ça glisse, ça glisse jusqu’à ce que le pauvre vision ne puisse plus faire machine arrière. Histoire riche en personnages divers et variés (comme Le chevalier Noir, Hercule, Starfox où Monica Rambeau…) ça part un peu dans tous les sens, dans un joyeux bordel que seuls les Avengers étaient capables de générer.

10- AVENGERS DISSASSEMBLED Par Brian Bendis et David Finch.

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Brian Bendis écrit là sa toute première aventures des Avengers et à mon sens se meilleure. D’abord elle prend racine dans d’autres sagas, parfois oubliées, parfois non et lui donc l’impact émotionnel voulu. Car voilà, c’est une œuvre iconoclaste, un cataclysme brutal, un séisme dont les conséquences sont encore palpables aujourd’hui dix années éditoriales plus tard. La sorcière Rouge est au cœur du truc et son histoire se retrouvera remodelée à partir de cet instant. Toutes les scènes sont écrites pour être traumatisantes. Chaque acte de violence, chaque mort, nous rappelle comment peut être perçu un attentat, inattendu, violent et laissant un public hagard et hébété. Pour une fois Bendis ne se prend pas les pieds dans le tapis dans la gestion de la suite des évènements, tant la dernière impression à la lecture, est celle du deuil, de la douleur et de l’horreur. Clint Barton, Captain America et Iron Man sont très bien écrits comme des soldats dépassés mais faisant face. Les pointes d’humour souvent ironiques de l’auteur y possèdent une amertume dans un ensemble encore plus grave. Et pus il y a ce rassemblement, mis en image comme d’autre bien plus rééls et bien plus affreux. On est en plein post 11/09. Le message est clair.
 
C’est dommage d’ailleurs que Marvel ait décidé ainsi d’abandonner une franchise qui avait pourtant encore pas mal de choses à dire et possédant un potentiel commercial certain. Non c’est par une petite porte discrète que les Avengers sont sortis du catalogue de la maison des idées. C’est d’autant plus dommage qu’on aurait pu faire un bon film de tout ça…
 
LISTE SUBSIDIAIRE
 
11- THE COMING OF THE BEAST par Steve Englehart
 
Pour le charme Vintage mais désarmant du Fauve bien meilleur Vengeur que X-Man…
12- DARKER THAN SCARLETpar John Byrne
 
Prologue à Avengers Dissassembled, assez sympa.
13- THE BRIDE OF ULTRON par David Michelinie, Sal Buscema et George Perez
 
Prologue à Ultron Unlimited très réussi, Perez déjà aux crayons.
14- SECRET INVASION par Brian Bendis et Leinil Francis Yu
 
La grande histoire que Bendis avait en stock pour ses vengeurs… peut être un peu victime de sa longueur et de ses ramifications mais pas mal malgré tout.
15- THE NEFARIA PROTOCOLS par Kurt Buisek, Fabian Nicieza, George Perez et Mark Bagley
 
Nefaria re-débarque avec Madame Masque pour une gigantesque bataille/crossover avec les Thunderbotls…

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LES 10 CLASSIQUES DONT JE N’AI PAS PARLE, PARCE QUE JE NE LES AIME PAS

Je vais me garder à présent des critiques qui constateraient les lacunes dans mes différents classements. Mais je dois vous avouer un truc, bon nombre de classiques « obligés »m’ont particulièrement saoulé et et j’ai en effet préféré mettre l’accent jusqu’à présent sur certains titres un peu moins en vue (pas toujours).

10- LONE WOLF AND CUB de Kazuo Koike et Goseki Kojima.

 
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Manga préféré de Frank Miller (ça n’étonnera personne), Lone Wolf and cub est scénarisé par l’un des auteurs les plus en vue du Japon à savoir Kazuo Koike, fondateur il me semble d’une illustre école de Bande dessinée, il a apporté un soin particluier à la narration visuelle très décompréssée, éloignant la BD de l’illustration pour la rappocher du story board. Le titre comporte comme souvent au pays du soleil levant une notion  assez poétique et métaphorique car ce loup solitaire avec son louveteau, c’est bien ce Ronin parcourant le Japon sur la voie de la vengeance aveugle: Le Meïfumado! Le héros  Ogami Itto est un homme très influent, proche du Shogun. Un clan rival (Les Yagyû) va donc vouloir l’éliminer lui et les siens. Il en réchappe de justesse avec son plus jeune fils se transformant par la suite en  une sorte d’autiste, intranisgeant, borné et sanguinaire. La vengeance est son seul moteur et l’unique objet de sa nouvelle quête. Econome de mots, il déjouera tous les pièges que ses ennemis mettront sur son chemin. Il va parfois jusqu’à se servir de son enfant  comme appât pour pouvoir tuer ses adversaires, pretextant de toute façon qu’il vaut mieux mourir que de vivre dans le déshonneur. Ce jusqu’au-boutisme à la limite du fanatisme s’il épate au début devient un peu fatiguant à la longue, accentuant l’aspect répétitifs des choses. Parfois certains nazis peuvent paraître plus humains que le héros de cet ancêtre du Road Movie. Malgré tout, la maëstria de la narration alliée à ce graphisme à l’encre de chine très expressif offre de grands moments de bravoure, de furie épique et des combats aux chorégraphies esthétiques hyper-léchées  Fondateur à plus d’un titre, Lone wolf and cub fait partie indéniablement du patrimoine de la BD Nipponne et est un témoin indubitable de l’énergie cataclysmique dépolyée dans celle-ci.  

9-SANDMAN par Neil Gaiman et plein d’artistes comme Sam Kieth, Charles Vess, Kelley Jones etc.

 
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Sandman est l’arme de dissuasion nucléaire massive dont on se sert lorsque’un abruti nourri à la bd Soleil, nous assène que le comics, c’est une bande de tapettes en collant qui mettent leurs slips au dessus….  NON monsieur, On a aussi des oeuvres poétiques d’auteurs au niveau littéraire  de très haut niveau. Sandman aussi appelé Morphée est sorte de représentation de l’inconscient onirique humain, de ses légendes, la quintessence de l’homme beau, artiste regardant la rerésentation de sa vie sur des planches invisibles. Enfin moi, c’est ce que j’ai compris. Mais j’avoue tout de suite. Je me suis arrété au troisième intégrale. Si le début m’a envouté immédiatement, si chaque histoire possède un parfum enivrant de sophisitcation dans l’écriture au service d’un univers baroque et un peu fou, je dois confesser que l’avalanche de références culturelles me donne l’impression d’être sur les banc de la fac en permanence. Il y a dans l’arc « La saison des brumes » un tel étalage de culture que ça en devient un concours de celui qui la plus grosse. Et t’as vu? J’ai casé ça et ça et puis ça aussi. T’as vu dans le fond y’a tel dieu… Ca m’a fatigué et lassé pour le coup. J’ai trouvé malgré la technique narrative le contenu assez puéril en fait. J’ai largement préféré les one-shots sur les chats, le songe d’une nuit d’été etc…Je ne doute aucunement de la qualité du bouquin et je regrette de passer à coté comme un malpoli mais c’est un fait. Je n’ai pas envie de lire un catalogue remixant « Mythe et épopée » de Dumézil pendant mon sommeil.

8- BLAKE ET MORTIMER par Edgar P. Jacobs

 
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Blake et Moritmer est restée pour moi le mode d’emploi de « tout ce qu’il faut pas faire » en BD. C’était d’ailleurs d’avantage du roman illustré que du 9e art. Oui Jacobs possède une patte en ligne claire héritée d’Hergé, qu’il a su personnaliser de manière sublime et graphiquement, il n’y a rien à redire. L’ambiance entre James Bond et SF légère est assez envoûtante mais entre ces concepts vieillots de 3e guerre mondiale et ces poncifs raciaux (pauvre Nasir), tout contribuait à en faire la « BD de papa ». Je suis évidemment revenusur la plupart de mes jugements, mais je trouve quand même cette série suréstimée par rapport à d’autres contemporaines. La géopolitique est quand même centrée sur la peur du rouge et du jaune et les intrigues verbeuses (Claremont peut aller se rhabiller) s’étirent sur bien trop de pages pour être dynamique. Monument indéniable mais pénible à lire.
 

7- LA QUETE DE L’OISEAU DU TEMPS par Régis Loisel et Serge letendre

 
la quête de l'oiseau du temps
J’accuse! Oui j’accuse la Quête de l’oiseau du temps d’être une bd pour neurasthéniques, inséminant le public à son insu, les germes de la dépression nerveuse. D’accord le genre Heroic Fantasy possède déjà en littérature un lourd passif en gigantesque saga où la défaite est aussi importante que la victoire: la bible du genre est bien évidemment Le seigneur des anneaux. Mais voilà Tout commence sur les chapeaux de roues, avec Pelisse une héroïne rouquine toute en rondeur et en charisme, elle s’apprête à vivre tout un cycle d’aventures emplies d’action, de dangers au beau milieu d’une prophécie insistant sur l’urgence des choses. Tout au long de ce récit captivant, les protagonnistes semblent peu à peu plier sous le poids des secrets, de la fatigue et de la trahison. Comme en 14/18, le lecteur part la fleur au fusil pour terminer désabusé, usé et gavé d’amertume. Tous les espoirs misé sur les héros s’écrasent dansun boue grisâtre car même les couleurs semblent se ternier de pages en pages. J’accuse enfin, car ce n’est pas le pire, la quête de l’oiseau du temps d’avoir une filiation littéraire tout aussi pessimiste dans des oeuvres comme La légende des contrées oubliées, La compainte des landes perdues, ou encore L’épée de cristal. A chaque fois, j’imagine les auteurs finir leurs bouquins entre une bouteille de Whisky, un tube de prozac, un flingue en écoutant du Thiéfaine à fond les gamelles.  

6-XIII par Jean VanHamme et  William Vance

 
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C’est un peu injuste de citer XIII ici, parce que les huit premiers tomes sont quand même excellents avec un tension qui ne se relâche pas. Dès le volume suivant il faut la science de Jean VanHamme pour ne pas faire sombrer le navire dansun ridicule qui laisserait pantois les scénariste du vide de Santa-Barabara. Alors que le personnage de Jones perd de son charisme trouble d’aventures en aventures, le héros part en quête d’un passé aussi tarabiscoté que celui de Wolverine et se tape à peu près tout ce qui bouge avec une constance et une bonhommie éffarante. Il faut voir sa tête hyper surprise, à chaque fois qu’une femme se jette à ses pieds, genre: Qui ça? Moi?! Depuis La série est reprise par d’autres auteurs qui n’ont de cesse d’explorer la moindre parcelle de non-dit achevant d’enlever tout le sel d’un thriller qui n’a pas su arrêter à temps.

5- GHOST IN THE SHELL par Masamune Shirow

 
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Fin des années 90. La vague des manga cyber-punk bat son plein et en outre possède son messie en mla personne de Masamune Shirow. Depuis Tank Police et Appleseed, l’auteur pousuit deux marottes: que peut bien signifier pour l’être humain, l’apparition d’une nouvelle forme de vie artificielle ou synthétique et un message philosophico-politique qui semble hurler au lecteur à chaque chapitre: La démocratie, c’est de la crotte!!!. Ceci atteint son apogée dans Ghost in the Shell. Chaque segment semble décrire avec un certaine complaisance l’interventionnisme policier des héros qui shootent à tout de bras dans des civils, pronant que l’innocence n’existe pas et que la liberté, c’est un truc d’intellectuels, inutiles et parasites qui devraient être bien contents que des gars se mouillent pour les protéger (ce qui est relatif). Tout ceci jusqu’à l’apparition du Puppet master qui va les confronter à leur propres contradictions en leur offrant une révolution-non pas poulaire mais basé sur le devenir de l’âme. Motoko dont le corps n’est plus humain trouve donc une raison d’être autre que dans ses missions militaires de simple homme de main.  Le tour de force est donc d’ajouter à une grosse BD d’action, toute une myriade de commentaires sur l’homme, son système, son fonctionnement. Le questionnement philosophique en apparté de la Bd se mèle à de très régulières séquences humouristiques qui font de ce manga un objet unique entre essai sur l’homme mais non-humaniste et gags à la Docteur Slump. Riche et interessante, ça reste à mes yeux la BD fleurant bon les snobisme de son époque au message sur l’Etat policier douteux.

4-MAUS par Art Spiegelmann

 
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Le grand classique seule BD à avoir obtenu le Pullitzer. Maus est une sorte de témoignage-fiction-docutmentaire très bien documenté qui va très en profondeur dans le despricptif de ce que fut la Shoah. C’est donc une une lecture indispensable surtout connue pour la codification très nette éthnique les Juifs sont des souris et les nazis des chats… La comparaison est très pertinente… trop pertinente. Lorsque j’ai relu cet ouvrage d’une charge émotionnelle écrasante, un détail, puis deux m’ont progressivement géné… Les polonais sont des cochons… les français des grenouilles… et plus j’avançais, plus je me disais que ce qui rend le message particulièrement accessible,  porte en lui les fruits et le piège insidieux d’un sens contraire. Le racisme répond au racisme. Sépartation ethnique drastique et permanente, les représentations sont pertinentes qu’à travers une fonction dévalorisante pour chacun ( je repense à la représentation des polonais où même les américains en chien de garde).  Comme dans La Fontaine mais avec moins de finesse, les peuples sont réduits à des rôles métaphoriques sujets à interprétations diverses. Ceci ne gâche pas vraiment la lecture en ce sens, qu’elle est destinée à un public lettré et capable par là de raisonner et de voir au delà de la simple apparence. Là où l’oeuvre devient interressante et hyper flippante (je veux dire encore plus que dans sa descritpiton froide du calvaire du père de l’auteur), c’est dans son étude de la culpabilité, jusqu’à l’auteur seul humain mais avec un masque de souris, comme s’il était un faux juif ,coupable de ne pas avoir vécu l’épreuve juste bon à perpetuer un simulacre à s’en bouffer les nerfs.

3- BLUEBERRY par Charlier et Jean Giraud

 
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Blueberry est une tunique bleue, près d’un fort apache. Il a coeur de respecter les droits des indiens dans les réserves car il est juste est généreux. Se distinguant par sa bravoure, il mène à bien tout un tas de missions que le gouvernement lui confie, car Blueberry est loyal. bref c’est un bon gros héros franco-belge à l’ancienne et son prmeier cycle d’aventure le cantonneà son rôle de soldat près d’une réserve où le climet est toujours electrique (à l’époque de la vapeur, je sais!).  La métamorphose de la BD parisienne s’operera dans ces pages, le graphisme se fera de plus en plus crade et les intrigues de plus en plus élaborées avec un période dorée dans les tomes « Le spectre aux balles d’or », « La mine de l’allemand perdu », « L’homme aux poings d’acier » ou encore « L »homme à l’étoile d’argent ». Puis apparaît Chihuahua Pearl qui va entrainer le héros au pif de traviole sur la piste du  mythique trésor des confédérés. Ce tome qui marque le sommet de la saga de « Myrtille » avec son vrai/faux reportage en bonus, embraye pour le malheur de notre cerveau dans un arc d’une complexité et d’une confusion  assez déroutante tirnat en plus sur la longueur. La traversée  du désert du héros dure, mais dure et on finit par ne plus rien  comprendre, chaque personnage ayant une motivation personnelle et tirant dans les pattes de son voisin. Cette saga se termine donc sur une succession de coups de poignards et de théâtre (c’est un zeugme ça non?) arrachant de passionnants bâillements (et ça une oxymore).  C’est avec un ouf de soulagment qu’on passe au cycle suivant sans Charlier dorénavant. Blueberry est donc un classique mais je prèfère à peu près tous les tous les autres westerns, franco-belges ou non.
 

2-AKIRA  par Katsuhiro Otomo

 
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Le manga culte par excellence. Le premier à sortir partout sans avor bénéficier de la promotion à l’envers de Dorothée la pécheresse. Akira porte le nom d’un perso ultra secondaire puisque l’on va suivre les tribulations contraires de deux vieux potes dont les trajectoires n’auront de cesse de les séparer pour mieux les confronter. Cette thématique  proche de celle de John Woo va porter l’ensemble au point d’éclipser le reste pourtant hyper interressant. Le post-apocalyptique, l’anticipation, le revanchisme japonais sur les ricains, tout un tas de thèmes inédits alors en BD.  Otomo avouera à demi mots qu’il pensait finir son manga un peu comme le film éponyme mais que sous la pression il ajoutera une sorte de second acte bien moins rythmé.  Tout est bien pensé et chaque détail bastonne, néanmoins, la fin trainnasse vilainement jusqu’à la chute à la fois virtuose (comment ne pas être pris de vertige devant le nombre incroyable de pages consacrées à la destruction de la cité?) et quand même bien remplissage. Le dernier tome ne contient presque rien quoi.  Enfin beaucoup de bonnes idées ne trouvent pas de conclusion (et pour cause) dans le maëlstrom final. Du grand manga mais je préfère DOMU du même auteur, plus intime, plus concis, plus efficace.

1-WATCHMEN par Alan Moore l’homme qui ne signe plus et Dave Gibbons

 
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Watchmen, le chef d’oeuvre d’Alan Moore et de Dave Gibbons. Pierre angulaire, oeuvre fondatrice, Livre culte étudié jusque sur les bancs d’université. Et bien il faut avoir que ça à foutre et être en fac pour vouloir étudier un truc pareil, je vous le dis. Oui c’est magnifiquement écrit et la prouesse narrative transpire à chaque page.  Oui les chapitres sur l’ Dr Manathan ou Rorchach sont saisissants.  Les points de vue divers comme celui de l’anicenne Jupiter, le Psy ou même Moloch sont extrèmement bien pensé et la richesse de cette oeuvre n’est plus à démontrer. Amen à tout. Mais le succès de Watchmen semble le placer au delà de toute critique et pourtant…Quelque chose de froid, clinique vient justement nous dire tout au long du récit, qu’on ne lit pas une vraie bd mais un essai enchâssé dans Une BD. Les appartés sur les aventures du pirate noir insistent sur la structure en tiroir et quand l’ambition est telle, il ne faut pas se louper et en effet Watchmen est incroyable pendant 11 chapitres… MAIS QU’EST CE QUE C’EST QUE CETTE PUTAIN DE CHUTE MERDE!!!! un effet clafouti engendrant une décéption à la mesure de l’attente. Y’a plus d’idée? On range tout comme ça? Et c’est quoi cet épilogue?  ça voulait dire quoi finalement? Entre les personnages qui se renient sur deux strips, les motifs simplissimes et naïfs du méchant et l’action finalement inexistante, rien ne colle vraiment à mes yeux. Un goût d’inachevé dans un gateau trop délicieux. Je relis régulièrement ce bouquin parce que les sommets atteints sont vertigineux mais je me redéçois à chaque fois en le fermant, tout en ayant de sucroît la sensation de ne pas avoir compris quelques chose, d’être trop con pour apréhender un tel objet. Et Puis je finis par me dire que cette fin est juste à chier.

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JAPANIME: LE TOP 10 DES FILMS.

1- URUSEÏ YATSURA:BEATIFUL  DREAMER de Mamoru Oshii

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Autre délire purement joli et visuel. Le truc qui fallait oser : la comédie romantique, non sensique et onirique. Une ambiance prenante, destructurée. la notion de temps explose et quel bonheur de revoir Lamu…

2- PORCO ROSSO d’Hayao Miyazaki

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Un autre chef d’oeuvre. Myiazaki y distille une atmosphère tranquille en plein climat de guerre. Un héros romantique, la passion pour l’aviation et un brin de magie, non démonstrative, feutrée et donc crédible. Une leçon de mise en scène. Y’a du Pratt la dedans..

3- KIKI LA PETITE SORCIERE d’Hayao Miyazaki

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Une petite pièce de magie, de bonne humeur, leçon d’optimisme béat. la méchanceté n’existe même pas. L’animé qui nettoie l’âme en profondeur. Et ces décors, My god, c’est beau.

4- PATLABOR de Mamoru Oshii

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Un polar à la Hitchcock, un suspens poisseux, une angoisse sourde qui onte au fur et à mesure. La musique, la pesanteur, les intempéries et le manque d’action (On se croirait presque dans un Kitano) en font un vrai blockbuster intelligent mais pas pompeux. Un très bon Oshii.

5- NINJA SCROLL de Yoshizaku Kawajiri

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Encore plus visuellement abouti que Kamui. Ce film est une giclée d’action pure liée à une esthétique et une créativité folles furieuses. Kawajiri exacerbe son style graphique, ses couleurs primaires se découpent d’une manière saissante. La japanime qui laisse sur le cul. On a du mal avec Naruto après…

6- PERFECT BLUE de Satoshi Kon

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Un thriller de taré, une décompostition halluciante de la psyché, une violence rare mais non gratuite, une fin qui ferait pâlir d’envie M Night Shyamalan.

7- SI TU TENDS L OREILLE de Yoshifumi Kondo

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Une merveille poétique qui tire des larmes de joies. Une ode pour ceux qui cherchent leurs voies. Onirique et réaliste, enfin bref! Du ghibli.

8- L’EPEE DE KAMUI de Rin Taro

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Le film de ninja par excellence, encore une fulgurance visuelle, une intrigue intelligente qui traverse toute une période histoirique du Japon. Une claque.

9- COBRA LE FILM de Osamu Dezaki

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Un film sous acide à la mise en scène renversante dans cet univers bigarré. Du vrai western Space-opera bien épique. La version occidentale remplace la musique pompier d’origine par des délires électroniques de Yello, plus ou moins bien trouvés mais avec une chanson titre (drive/driven) totalement dans le ton.

10- GALAXY EXPRESS 999 de Rin Taro

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Un conte empli de mélancolie, d’un visuel magnifique et d’un humanisme galvanisant. Maetel est sublime, avec une particiaption d’Albator en prime.
 
Liste subsidiaire:
11- Venus wars  de Yoshikazu Yasuhiko
12- ALBATOR 84: L’altlantis de ma Jeunesse de Tomoharu Katsumata
13- Akira de Katsuhiro Otomo
14- Nausicaa de la vallée du vent. de Hayao Miyazaki
15- Macross: Do you remember my love? de Noburo Ishiguro et Shoji Kawamori

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Joyeux Halloween!

Comme chaque année… Non, j’ai déjà écrit ça en 2013. J’ai dit que ce n’était pas fini, et j’avais raison. Ce n’est pas fini.
Votre rêve ne vient pas à vous quand vous croyez être prêt. Il vient s’écraser aux carreaux de votre fenêtre et son regard vous juge et le battement courroucé de ses ailes vous empêche de fermer l’œil la nuit. Et ce cri, ce cri! Maintenant! Maintenant!
Pourtant, vous ne lui ouvrez pas. Pourquoi?
Nous avons tous de bonnes raisons pour expliquer que non, c’est impossible maintenant, je le ferai plus tard. Mais plus tard n’existe pas, quelqu’un a volé le futur de votre enfance : Days of Future Past se déroule en 2013.
Pourquoi non? Le sublime du pourquoi non a suffit autrefois contre des armées innombrables.
Un mécanicien qui venait de quitter de son travail m’a dit un jour: « si tu veux t’exercer à être fictif quelques temps, tu comprendras que tes personnages fictifs sont parfois plus réels que
les gens possédant des corps et des cœurs battants. »
J’ai fait un rêve cette nuit. Un enfant donne à un autre enfant un livre en couverture duquel un enfant est dessiné en train de lire. L’enfant remarque que l’enfant en couverture a le visage de l’enfant qui lui a donné le livre et que ce visage est aussi celui que reflète son miroir.
Il y a deux Alexandre. Le premier a posté de temps à autre sur ce blog, le second vient de passer une nuit blanche à écouter les morts parler à la radio.
halloween2014Le premier rêve de faire quelque chose de sa vie, le second vient de passer le mois à travailler sur ses projets. Lequel est le plus réel?
Alors, qui a peur du Doktor Sleepless?

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INDEPENDANCE DAY LE TOP 10 PERSO DES INDEPENDANTS US

Voilà une rubrique plus intérressante.  Nous aurons ici une petite séléction des titres US aux destins des plus ingrats (pour la plupart). Etouffés par le lichen Marvel/DC, ces séries sont de véritables petits joyaux. J’ai déjà parlé d’autres titres indépendants dans ma séléction des 50 indispensables comme Strangers in Paradise, Midnight Nation ou Usagi Yojimbo, il a donc fallu fouiller encore d’avantage mais le résultat est surprenant. La qualité est partout où elle se cache.

10- NOBLE CAUSES par Jay Faerber et Patrick Gleason

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Jay Faerber fait parti des auteurs qui n’ont pas la  carrière qu’ils méritent. Rapidement confiné à la confidentialité des lectures indépendantes, il a créé ce concept ingénieux: mélanger Dinasty et les super-héros. Liz est un fille ordinaire et l’amour lui sourit, en effet elle va bientôt se marier avec l’un des super-héros les plus populaires: Race, issu lui-même d’une famille de Super-héros hyper célèbre et surtout blindée de thunes. Liz va donc faire sa place dans ce panier de crabes. Cocufiages, secrets, enfants naturels, jalousie et mérpis, tout va lui sauter au visage lorsque son mari va subir une violente attaque pendant leur lune de miel. Cela commence par un mariage princier à la Lady Di mais la suite va s’avérer beaucoup moins agréable. Liz devra mener l’enquête pour savoir qui en veut à sa nouvelle famille tout en évitant les pièges que lui tendent de l’intérieur certains membres de sa belle-famille. Elle devra savoir lire derrière les sourires. C’est assurément le comics préféré de Stephane Bern, puisqu’on y trouve le luxe, le vice et les intrigues de cour cher à Secrets d’Histoire. Si on s’interrongait de savoir si on avait tout dit sur le Super-héros, voilà une réponse en forme de bouffée de fraicheur instantanée. Inédit en VF.

9- FALLEN ANGEL par Peter David, David Lopez et J.K. Woodward

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C’est ici l’autre facette de Peter David qui s’exprime. S’il manie toujours une certaine forme d’humour décalé, il est ici plus à froid, plus noir car ce sera l’aspect mystique qu’il creusera plutôt. Car voilà, le scénariste s’interroge régulièrement sur les thèmes de la foi et de la religion. Comment telle une lumière trop forte peut elle éclairer (parfois)les gens jusqu’à l’aveuglement (souvent). Lee est une sorte de super-héroïne qui tente de nettoyer la ville irréelle de Bête Noire de la pègre et de la corruption. Il semblerait qu’elle soit plutôt une sorte d’ange déchue voguant dans un purgatoire étrange qu’un groupe nommé la Hiérarchie dirige indépendamment des « instances ». Du bar nommé « Furors », elle aide ceux qu’elle estime lésés formant une sorte d’équilibre entre les forces du bien et du mal. Les références à la bible sont assez nombreuses et bien vues. Là encore, ne cherchez pas le blasphème gratuit mais plutôt une critique ironique apposée à un réél questionnement sur la mythologie divine. Sombre, intelligent et envoûtant par son atmosphère crépusculaire. Une fois de plus Peter David provoque l’étonnement chez le lecteur. Inédit en VF.

8- BATTLE POPE par Robert Kirkman et Terry Moore

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Robert Kirkman débuta avec Terry Moore bien avant le succès planétaire Walking Dead, sur cette petite série potache que nous propose les éditions Stara dans une copie dégueulasse (photocopies noir et blanc de la version couleur). Le monde est en perdition, c’est la décadence morale et même le saint-père le pape est le plus abominable des queutards ( DSK en soutane vous voyez). Mais bon, pas le choix ! Lorsque l’enfer et l’Apocalypse est à nos portes, Dieu est bien obligé de faire confiance en son représentant officiel et lui confie les pouvoirs d’un Superman en puissance. Afin de garder un oeil sur lui, il réenvoie le fiston à ses cotés. Mais bon voilà ce dernier est accroc aux jeux vidéos et possède le QI d’un immaculé conçu (Y’a pas, faut être deux!). C’est parti pour une foire absurde avec des démons, du cul, de la fin du monde, des pets, des révélations et des sushis. Délicieusement blasphèmateur, je kiffe. Ne cherchez pas non plus une charge anticléricale dedans, non on est dans le registre de sale gosse qui aime bien voir Jesus boucher les chiottes avec son divin caca pendant que le pape se tape des bimbos dans la chambre à coté. Je ne suis pas  sur que ce soit vraiment cérébral…
 

7-DIRTY PAIR: FATAL BUT NOT SERIOUS par Adam Warren

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Adam Warren fut l’un des premiers américains à revendiquer une influence « manga » dans son graphisme. D’ailleurs, influence est un doux euphémisme tant il s’applique à reproduire les moindres tics qui l ‘ont véritablement traumatisés. Visiblement, il s’immergea totalement dans la mouvance Cyberpunk des mid-ninties, portant fièrement l’étendard Shirow-Otomo-Kishiro au sein de sa reprise de Dirty Pair (Dan et Dany en VF). Dès lors cette équipe qui ne provoque que des catastrophes lors de ses missions, devient sous sa plume des bombes (dans tous les sens du terme) explosant en permanence. Warren profite également du terme « dirty » pour faire de ses héroïnes des paumées, en perpetuelle détresse sentimentale et hormonale. On part de clichés assez pompiers (la rousse incendiaire et la brune plus sage) pour renverser  la tendance avec une histoire de clone, revenchard. En effet, au cour d’un festival cyber-geek, dédié au culte de leurs personnes, elles subiront une attaque assez vicelarde puisque Yuri ( la brune) sera persuadée par la suite d’évoluer dans une sorte de réalité virtuelle, détruisant tout sur son passage afin d’en sortir, ignorant que les dégâts qu’elle occasionne sont rééls. Seule Kei (la rousse)tente de la raisonner. Le duo implose donc sur cette planète subissant le typhon de leurs affrontements. Si en plus de ça, le soleil autour duquel la planète gravite donne des signes de faiblesse… Nanas sexys surarmées dans une frénésie d’action, Adam Warren nous régale tout en s’imposant en maitre incontestable du découpage hyper-dynamique des scènes de combats. Le meilleur des mondes en matière de story-telling. Un must! Sémic a publié cette aventure en kiosque depuis…

6- BAD WORLD Par Warren Ellis et Jacen Burrows

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Ce n’est pas vraiment une BD en soi. C’est une compilation de faits divers les plus bizarres ayant eu lieu sur la planète. Warren Ellis exorcise ses obssessions en explorant le net pour en extraire ce qui pourrrait être le plus malsain. Les coeurs sensibles peuvent préparer leurs sacs à vomi car voilà sans crier gare un déferlement de « chicken fucking » et autres actes zoophiles, de cannibalisme, de survivalisme extrème, de satanisme rural,de croyances hétéroclites (se soigner par l’urine) et de déviances en tout genre. C’est parfois marrant tellement, c’est barré. C’est souvent malséant et toujours bien raconté, l’ami Warren sachant à chaque fois formuler les choses de manière saisissante. Jacen Burrows se contente quant à lui d’illustrer chaque brêve de manière satirique apportant un touche « esthtétique » à la chose. La conclusion qu’on pourrait avoir à la lecture de cet ovni est que « la réalité dépasse toujours la fiction ».Hannibal Lecter, Chtulluh et autres épouvantails peuvent aller se rhabiller devant l’aéropage de déglingués du ciboulot qui peuplent notre terre pour de bon. Fascinant par son coté dérangeant, jouissif par son coté transgressif. Du Warren Ellis pur Jus. Inédit en VF.
 

5- THE LORD OF MISRULE par John Tomlinson, Dan Abnett, Steve White et Peter Snejberg

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C’est rare de tenir dans ses mains une véritable BD d’horreur prenante, qui dans une ambiance Lovecartienne parvient à tenir la route sur la longueur. C’est aussi la découverte de Peter Snejberg, dessinateur très efficace à la fois glaçant est humain et surtout très à l’aise dans l’exercice du noir et blanc (on y retrouve parfois du Comès dans ses planches). L’action se situe dans une Angleterre rurale assez intemporelle. Jake Goodfellow  désirant creuser le folklore de son bled natal Callow  y retourne et dans un sentiment de malaise réalise que toutes les légendes du coins sont non seulement malsaines mais ont toutes des connections bizarres avec sa vie personnelle, jusqu’à ce que sa petite amie meure brutalement. La police croit difficilement à l’innocence de Jack, le forçant à renouer avec son frangin frappadingue pour enquêter lui même sur cette affaire aux ramifications infernales. Légendes urbaines, chiens venus des enfers, fantômes historiquement décalés. Cette BD contient une foultitude d’ingrédients qui pourraient tendre vers le ridicule mais grâce à des personnages attachants, une intrigue dense où les effets se font avec « parcimonie », on obtient une ambiance particulière que Snejberg tient de bout en bout à la force des ses petits pinceaux. Inédit en France, j’eu la chance de me le faire conseiller par mon caviste…heu je veux dire mon comic dealer.

4-  MURDER ME DEAD (TUE MOI A EN CREVER) par David Lapham

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Frank Miller n’est pas le seul à faire dans le polar bien glauque, bien poisseux. David Lapham s’en est fait aussi une spécialité. Murder me dead est une histoire d’amour qui trourne mal, très mal. L’histoire d’une passion malsaine. L’histoire d’un couple à la Bonnie and Clyde moins la préméditation et le glamour. David Lapham sait pertinement que l’âge d’or du « noir »  possède un délicieux parfum retro évoquant les fifties. Il reprend donc des codes de narration une esthétique graphique évoquant pleinement cette période. Ce qui du coup pourrait paraître naïf à l’oeil, s’avère être un choix plus qu’efficace. On entend le Jazz, on sens le tabac et on goûte le whisky avec les personnages et on plonge avec eux dans le gouffre vertigineux de leur descente aux enfers. Meurtres, dope, chantage, trahison et violence sont au rendez vous, et la manière dont ces éléments sont mis en scène particulièrement efficace dansune sorte de comics Archie totalement corrompu. Les losers n’en finissent pas de de « loser »et la sortie s’éloigne au fur et à mesure que l’on s’en rapproche. Le clou  étant la scène du meutre pénible, laborieux et décomposé en phases qui mettent en exergue le coté physique de la chose. Je n’avais plus vu ça depuis le film Sang pour Sang (Blood simple) des frères Coen. D’ailleurs si adaptation cinématographique il y avait, ces derniers seraient à même d’honorer ce scénar comme il se doit. Une pépite. Delcourt l’a publié.
 

3- SPYBOY par Peter David et Pop Mahn.

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Paru chez Dark Horse, Spyboy est un gros délire de Peter David et Pop Mahn, osant le pastiche Manga et références multiples à James Bond. Le héros, Alex Flemming possède dans sa tête l’incarnation de l’espion parfait et vit à son insu dans une famille d’espions à la retraite. Une jeune fille nommée Bombshell l’embarque soudainement dans des missions rocambolesques où son double à la fois intrépide mais aussi incontrôlable prend le contrôle de son esprit  dans ces scènes d’une schyzophrénie symbolisée en « super-deformed » réinvantant par là le procédé même. Fun est le maître mot de cette série qui a connu un brève incursion sur le sol français du temps du label « angle comics« . D’abord Peter David montre par là qu’il est un vrai magicien jonglant toujours entre humour, action, idées primesautières sans oublier ses personnages. La comparaison avec  l’Ultimate Spider-man de Brian Bendis saute d’ailleurs parfois aux yeux tant les ambiances lycéennes sont similaires et les répliques   voisines. La fraîcheur ravigorante de ce titre colle la banane au lecteur  car on peut faire de l’action avec une touche de trash sans tomber dans la sinistrose. Le graphisme est clairement orienté manga sans pour autant renier la structure propre aux comics. Le mélange des genres ne fait pas souvent de beaux enfants, mais ici le mariage est fort heureux.

2- POWERS par Brian Michael Bendis et Michael Avon Oeming

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Mélanger polar noir et Superpouvoir, en voilà une idée qu’elle est bonne et ce fut l’éclair de génie de Brian Bendis qui avant de contrôler Marvel fit des étincelles avec cette petite série. Nous suivons donc,les enquêtes de Christian Walker et Deena Pilgrim flics afféctés aux affaires spéciales, c’est à dire impliquant des encapés à superpouvoirs.  Evidemment l’un a des trucs à cacher et l’autre ne cesse de founier partout. Le premier arc est un simple « whodunnit? » impliquant le meutre d’une héroïne très populaire parmi la population, la fameuse Retro Girl. Le point fort de Bendis, tout le monde vous le dira, c’est la puissance de ses dialogues. Il parvient ici à rendre à la fois présente, touchante et très charismatique un personnage qui meurt dès les premières pages et cela grâce aux témoignages uniquement des protagonistes. D’ailleurs cette popularité va ouvrir la possibilité au scénariste d’un deuxième angle de vue inédit à l’époque (bien que Marvels aborde aussi le sujet), c’est la « people-isation » des super-héros. La seconde enquête (Roleplay) creusera donc l’aspect fascination que peut exercer ces surhommes sur les gens ordinaires et dès la troisième (Little deaths), la boite de pandore est ouverte: Le comics prend sur un chapitre, l’aspect d’un magazine avec pubs, interviews, flash infos etc… .La dernière trouvaille sera les incessants parallèles avec le monde de la pop-musique, les couvertures faisant régulièrement hommage aux pochettes de disques célèbres (Beatles, The Police etc…). Ainsi plutôt que de Lorgner invariablement sur La Ligue de Justice pour fabriquer une équipe d’archétypes, dans l’arc « Supergroup » l’auteur s’inspire des…Fugees. Tout cela combiné, donne un savoureux mélange et un univers très typé ne ressemblant ni à Marvel ni à DC,  que les dessins « Bruce Timmesque » d’Oeming très porté sur les ombres accentue encore. Le Meilleur Bendis. Panini a plusieurs fois tenté de publier la série, sans succés, il est aujourd’hui difficile d’en trouver des volumes. Quand je vois le succés de ses Avengers, je m’interroge.

1- INVINCIBLE Par Robert Kirkman, Cory Walker et Ryan Oattley

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Robert Kirkman est devenu les roi de l’indépendant, claquant la porte des majors, retournant à Image et forçant le succés avec Walking Dead, Le Maitre des voleurs, Haunt et…INVINCIBLE. Le concept fonctionne de par sa simplicité. Il reprend intelligemment les codes du genre. Mark Grayson est le fils du plus grand héros de la terre Omni-Man. Ses pouvoirs apparaissant, il pense reprendre ainsi la relève. Il devient de ce fait un habile mélange entre Peter Parker et Superman, mixant deux archétypes en un, sans qu’on ait besoin de subir des explications à la mords-moi le noeud alourdissant le propos. Le second point fort est de concentrer son univers sur sa seule série, alternant héroisme solo, en équipe ou encore dans son lycée. On passe allégrement entre cosmique, voyage dans le temps et pure criminalité. Le troisième avantage est que l’auteur prend son temps, réservant des coups de théâtre absolument renversants, rebootant son héros régulièrement au gré des envies des artistes. Là j’en vient naturellement au bénéfice absolu de ne pas subir de diktat éditoriaux. La surprise et le sentiment de danger est permanent, personne n’est à l’abri, ni parent, ni amis, ni énnemis. Kirkman défie les codes, joue avec eux, se moque des univers classiques tout en développant le sien. Il fait ce qu’il veut et c’est tant mieux. Mention pour le personnage d’Allen l’alien, absolument génial. Kirkman en roue libre pour un univers de plus en plus cohérent, INVICIBLE est devenu une véritable exception dans le paysage des Super-héros par son amour du genre, son jusqu’au boutisme et ce sentiment de grande aventure rééllement inventive.

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LES 10 PLUS BEAUX PARIS-BREST DU FRANCO-BELGE

Ca devient de plus en plus ardu de trouver une métaphore culinaire apropriée…
il a fallu creuser ma mémoire, fouiller mon grenier et interroger les témoins pour élaborer cette liste néanmoins la voici:

10-LES SCHTROUMPFS: LES SCHTROUMPFS NOIRS par Peyo et Yvan Delporte

 
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Il paraît que « Les Schtroumpfs noirs » constitue une sorte de parabole raciste. Pourquoi? A cause tout simplement de la couleur des protagonnistes. C’est consternant de lire des trucs pareils. Parce que voilà, je ne vois pas le rapport! De plus, si en voyant des personnages noirs, agressifs, dangereux et contagieux, on fait le lien avec le peuple ou la culture noire, Je pense effectivement qu’il y a un problème de racisme, mais forcément dans le livre vous voyez… Bref, personnellement j’ai toujours vu dans cette histoire une version enfantine de Rhinocéros,  la pièce de Ionesco ou à la rigueur La Peste de Camus. Une étrange  maladie décime et transforme un par un les paisibles petits lutins en de grotesques créatures violentes, indifférenciées, incapables de s’exprimer ne pouvant que transmettre leur infection maudite. Le Grand-schtroumpf est évidemment sur le pied de guerre pour trouver un remède mais le nombre submerge rapidement les survivants faisant  de cette BD un brouillon de Walking Dead vous en conviendrez. Les rebondissments se succèdent d’une manière enlevée et naturelle faisant presque disparaître le savoir faire et l’art des vieux maitres du franco-belge comme Peyo.  Narration, Rythme et cadrages parfaits mais discrets, l’oeuvre est humble et sympatique. Et si l’on devait tirer une morale de cette histoire, ce serait donc à mon humble avis au contraire de se méfier de ces choses impalpables qui métamorphosent les individus en une masse, uniforme, bêlante et contagieuse par la facilité qu’elles offrent, ces phénomènes qui amènent les hommes à devenirs des lemmings prêts à courir à leur pertes. Deux autres histoires sont également dans ce tome dont la première apparition de Gargamel le fameux sorcier qui lui, porterait des remlants d’antisémitisme parce qu’il a un gros nez. Que dire d’Achille Talon, Astérix ou du capitaine Haddock? Les intellectuels sont parfois bien cons…

9- IDEES NOIRES par Franquin

 
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Oeuvre clé de Franquin, Idées noires est un défouloir décompléxé des obssessions d’un auteur exerçant constamment dans le registre de la jeunesse. Ici  le ton est résolument adulte, cynique et affreux à l’image des ces personnages mi gnômes, mi ombres qui peuple l’ouvrage. une soixantaine de planches et pourtant la densité du propos marque l’imaginaire du lecteur à jamais. le message est cependant  sensiblement le même que dans Gaston Lagaffe, écolo, zoolâtre et méfiant envers les idéologies en vigueur. Pourtant la charge se fait virulente, désabusée et maladive comme si ces dessins constituaient une sorte de thérapie. Une thérapie partagée avec le public un peu comme celle de Pierre Desproges dans son spéctacle d’ailleurs étrangement proche dans le ton, lui qui qualifiait l’humour de « politesse du déséspoir ».

8- YOKO TSUNO: LES FRONTIERES DE LA VIE par Roger Leloup

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L’album paraît en 1977. La guerre qui avait opposé l’Allemagne au reste de la planète en 1945, laissait encore des cicatrices dans l’âme des populations. Roger Leloup, humaniste convaincu, pacifiste tranquille vient poser un regard magnifique, tendre et apaisé sur un coin du globe sur lequel on avait pris l’habitude de tourner le dos. Son héroïne japonaise est non seulement une des première fille à porter un titre, mais elle se paie le luxe de tendre la main un peu partout sur la planète et même au delà. Yoko Tsuno est sans doute la première héroïne franco-belge explicitement féministe (Natacha étant la première « sexy »). L’action se déroule à Rothenburg petite bourgade médiévale bavaroise, mais plus que cela cet album est d’abord un pretexte à une visite guidée émérveillée de la ville. Chaque batiment, chaque ruelle est reproduite avec un détail hallucinant. En témoigne cette scene de course poursuite enchantée, véritable clou graphique. Mais l’auteur ne se contente pas de supléer le syndicat d’initiative local, non il livre également une intrigue émouvante sur le sens de la vie et les limites de la science. Le récit habile évite les pièges du pathos, ceux de la leçon de morale. Ne reste alors qu’un questionnement pertinent et une émotion palpable dans un décor de rêve, réhabilitant le Rhin romantique.

7-SPIROU: MACHINE QUI RÊVE par Philippe Tome et Janry

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Ceux qui suivaient la série de près avaient pu constater un changement dans l’air dès le tome précédent Luna Fatale, qui amorçait doucement un virage qui se fit ici brutalement à 90°. Graphiquement les personnages sont soudainement expurgés de tout « franquinisme » et l’intrigue possède désormais une atmosphère étouffante, enfermée dans un cadrage noir « faire-part ». L’humour brut de décoffrage s’exerce à froid, et les protagonnistes sont tous demandeur d’une humanité accrue, à l’instar de Seccotine exigeant  qu’on l’appelle par son « vrai » nom. La quête pour son humanité sera d’ailleurs le coeur de l’histoire. Spirou poursuivi tout au long de l’histoire, va découvrir d’horribles secrets qui classera le livre d’avantage dans le sillage de Phillip.K.Dick que de celui du « Sorcier à Champignac« . Il paraitra évident que « l’aventure réaliste » de Spirou tournera rapidement court après un échec cuisant dans les ventes. Il n’en restera pas moins un OVNI dans la collecton d’album du groom en rouge, envoutant, sacrément bien écrit et bien mis en scène. Cet album fit découvrir la vraie aura de Phillipe Tome en tant que scénariste de talent. Une perle.

6-CANARDO: LA MORT DOUCE par Benoit Sokal

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Oublions un instant Blacksad, son académisme Disney et sa correction politique à la limite de l’indisposant, pour revenir au seul et vrai détéctive anthropomorphe désabusé: Canardo. Non mais regardez-le câliner sa bouteille comme si c’était une bouée. La mort Douce est un métre étalon du genre. Le palmipède à la suite d’un deuil survenu dans le tome précédent, boit comme un trou dans son bar ressassant sans cesse les souvenirs de son amour perdu. Toujours entre deux cuites, il en vient à protéger la nouvelle chanteuse du bar aussi paumée que lui. Persuadé d’être la cause de tous les maux, la Lâcheté devient son nouveau refuge. Aussi s’implique til un minimum, c’est tout aussi bien puisque Lilly (le nom de la chanteuse) a un autre protecteur assez instable également. Par son chant, elle a le pouvoir de le contrôler, lui et ses crises de violences. A condition que sa voix ne déraille pas, elle qui tousse de plus en plus souvent. Certaines scènes sont éprouvantes, tant on pénètre dans l’aspect minable et pathétique des personnages, Canardo en tête qui ne fait passer comme un fantôme incapable de prendre la moindre décision, laissant souvent les autres protagonnistes à leurs tristes sorts. La chute est alors implacable. Benoit Sokal distribue dans cet album les dépressions nerveuses avec un graphisme à la fois rond et totalement crade. Même à l’état neuf, on a l’impression que le bouquin a appartenu dix ans à un fumeur de gitanes, tant l’atmosphère est prenante. Grandville et d’autres ont depuis repris un peu le même shéma, sans l’intensité hélàs.
 

 5- SCENES DE LA VIE DE BANLIEUE par Caza

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Tout le monde connaît Caza l’illustrateur de talent sans vraiment prendre la peine de creuser sa carrière dans la bande dessinée. Et pourant à l’instar de Phillipe Druillet, il imagine des univers délirants, à la fois oniriques et granitiques. Ici les décors sont les immeubles de la zone grise qui encercle paris.  L’ homme Suburbain se prend à rêver de piraterie et de voyages psychédéliques dans une ambiance à cheval entre Monty Pithon et Isaac Asimov. Dérision permanente pour une collection de fables douces-amères qui fleurent bon les seventies. Ba-ba cools, pas si cool se posent en ancêtres des punks, contre le monde de la consommation, des bonnes moeurs et des réglements idiots. Caza s’illustre lui -même comme le fils spirituel du Grand Duduche et de Lone Sloane perdu et fondateur. Il a le pessimisme rigolo et offenssifs entre ces vendeurs de balais piégés, ses voisins aliens insupportables et la musique qui s’échappe en volutes significatives des enceintes témoignant d’un idéal de vie aujourd’hui  disparu. Quand je lis cette BD, je sens mes cheveux repousser.

4- EVA par Didier Comès

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Si c’était un film, imaginez donc  Brian De Palma qui reprendrait le scénar de Psychose avec la mise en lumière des films de Clouzot sur une musique Synth-pop berlinoise du début des années 80. Là vous aurez une idée de l’atmosphère vénéneuse véhiculée par EVA. Une jeune femme dont le voiture est tombé en panne, va trouver refuge dans ce grnad manoir perdu au beau milieu de la forêt Wallone qui chez Comès recèle toujours bon nombres de mystères. Elle tombe rapidement sous le charme maladroit du propirétaire, concepteur de marionettes et d’automates. Comès n’a pas son pareil pour créer ce climat malsain et étrange. Le mobilier, les couloirs ou un simple pantin, tout est bon pour distiller cette angoisse mêlée d’érotisme poisseux. Vrai huis-clos paranoïaque, chaque case a son importance. Pour une fois que l’auteur délaisse ses sorcières et ses chimères, ça se déguste.

3- CEUX VENUS D’AILLEURS par Jacques Lob et Gigi

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Enfant, j’ai toujours été fasciné par cette couverture,  mystérieuse, inquiétante, elle fonctionne du tonnerre. Mais qu’est ce que c’est au final que cet objet?
Jacques Lob surfant sur la vague de fascination qu’avaient les OVNIs, effectua des recherches assez sérieuses sur le sujet. sans pour autant verser dans le sensationalisme, cet album recueille un certains nombres de témoignages assez troublants et « réputés » sérieux de par les enquêtes de police, les rapports médicaux et autres articles qu’ils ont sucités à l’époque. A chaque « apparition » un préambule plus ou moins journalistique introduit le sujet avant de laisser l’hsitoire s’écouler sous forme d’une bande-dessinée  où le graphisme réaliste et terre à terre de Gigi apporte tout son crédit. Evidemment ce genre de sujet aura toujours ses détracteurs, et il n’est pas question de tomber à pieds joints dans le piège de la crédultié. Néanmoins je n’aimerais pas être à la place du gars qui a rencontré ces fameux « Hombrecitos » (Illustration) et que personne n’a jamais cru de sa vie. C’est donc un ouvrage à moitié documentaire, moitié BD qu’il faut ingurgiter. C’est très agréable et on en ressort avec une une espèce de sentiment d’immensité avec une voix qui nous souffle au coin de l’oreille: Et si…?
 

2- MORTADEL ET FILEMON: LE ROI DE LA MAFIA par Ibanez

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Ibanez n’est pas un auteur qui a fort bonne presse dans nos contrées puisqu’on le considère souvent comme un plagiaire de Franquin.  La faute à certains gags et planches remixées telles-quelles dans ses oeuvres. Néanmoins ce duo de flics/agents secrets/bras cassés est à hurler de rire. C’est un cartoon absurde survitaminé où les gags sont plus nombreux que les pages. Mortadel est un flic malchanceux au possible et Filémon une sorte de métamorphe  qui téléphone via sa chaussure. On leur donne des missions comme ici mettre fin au règne de la mafia qui a saisi le monopole de l’eau tout en gavant la population de morue séchée pour donner soif à tout le monde. C’est horrible, diabolique… tout le reste n’est qu’une accumulation de situations loufoques comme celle où Mortadel manque de se faire bouffer par un croco « chien de garde » et qui hurle: Pourquoi tu ne m’a pas dit qu’il y avait un crocodile? Filémon: Soyons sérieux tu m’a demandé s’ils avaient un chien, pas un crocodile! Plein d’autres délires viennent frapper le pare-brise mental du lecteur comme cet agent secret déguisé en chien forcé de manger un os ou ce Mortadel servant cible aux fléchettes.  C’est une avalanche de non-sens.  ceux qui veulent un message: passez votre chemin!
 
 

1- LES 4 AS ET LE TYRAN par Georges Chaulet et François Craenhals

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 Voilà un truc complétement dingue à lire. Autant vous le dire tout de suite: c’est très « vintage » comme on dit de nos jours. Les quatres héros sont les archétypes des archétypes (le débrouillard, le gourmand, l’intello et la fille) et l’intrigue comprend une course pousuite au coeur d’une  pincipauté dictatoriale germanique dirigée par une sorte de maniaque hystérique caricatural au dernier degré. Et c’est là que ça devient de l’art. C’est tellement « too-much » que cela prend une toute autre tournure notamment la vision du despote dont la « bochitude » est agrémentée d’un accent comme on n’en fait plus. « Colossale Plaizanterie! Fous êtes tes Bétits Humouristes! »  « Touze Palles tans la Beau ! Zept bour Chacun ! »  Le petit détail qui ne gâche rien, c’est que  malgré le coté potache de la chose, François Craenhals a livré des décors très documenté que ce soit pour le village ou pour le château, permettant un petit habillage supplémentaire de cet Allemagne de carton-pâte. Un conseil, c’est un livre à lire à voix haute tellement c’est à se fendre le bide, un peu comme les Ken le survivant de chez AB.  Cultissime!

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MY 10 DC DELICES

Même concept que les « Madeleines » mais il me faut bien reconnaître qu’en tant que bon français, je suis surtout un « Marvel Zombie ». Ma connaissance de DC, j’ai du me la faire en VO, plus tard et  plus vieux, c’est une sorte de greffon en somme. De plus les éditeurs français du fait de l’irrégularité des contrats avec DC ont eu à coeur de publier en priorité les « pointures » les gros titres et les oeuvres cultes, ce qui laisse finalement peu de place aux histoires plus modestes ou simplement attachantes.
Ceci-dit on s’y colle avec un nouveau compte à rebours:

10- DOOM PATROL :WE’RE DOOMED Par John Arcudi et Tan Eng Huat

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Pour moi ce truc, c’est surtout la découverte d’un artiste talentueux et hors norme, à savoir Tan Eng Huat. Ce type ne fait pas dans le beau, il ajoute des rides et fait grimacer les jolies filles, mais il possède une patte particulière. Son art de la mise en scènedans laquelle s’imbrique souvent les  onnomatopées  les plus variées. L’histoire est plus que saugrenue: Le nom Doom Patrol devient la propriété de la Jost Holdings qui désire donc possèder sa propre équipe de super-héros. Le problème c’est qu’ils ne parviennent qu’à recruter des « bras cassés ». L’idée sera d’ inclure le seul survivant de la mouture précédente afin d’avoir une certaine caution et legitimité auprès du public…Robotman rempile afin d’encadrer des jeunes un peu en roue libre comme Fast Forward, Fever, Kid Slick et Freak. A partir de là, les intrigues partent un peu dans tous les sens avant de s’arrêter au numéro 22. Petite série tantôt humorsitique, tantôt grave et métaphysique, elle a su cultiver une originalité de ton qui lui sera fatale. J’ai beaucoup aimé les personnages de Fast Forward très vite rebaptisé « Negative Man » en raison de son caractère. L’autre coté rigolo, c’est que cela emprunte beaucoup également à X-Statix de chez Marvel avec de mélange entre histoires sociales, ton décalé, copyrights et télé-réalité. Je ne sais plus le quel est sorti en premier, mais un air de famille unit indéniablement les deux comics…

9- HITMAN par Garth Ennis et John Mc Crea

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Que peuvent bien fabriquer deux irlandais imbibés de Guiness dans les locaux de DC comics. Garth Ennis vient de sortir ce monument de l’humour trash qu’est Preacher et l’autre n’est qu’un illustre inconnu. Au détour d’un numéro D’Etrigan, il vont créer leur propre personnage, irlandais comme eux, accoudé à un bar, comme eux et supporter de foot comme eux. Voilà la gestation de Jimmy Monhaghan, tueur sentimental qui décide de s’installer à Gotham City et de casser les pieds au Batman. En effet, avec son pote en surpoids, il vont faire planer un vent de folie à la Tarantino sur l’univers DC. Les deux accolytes vont tour à tour vomir sur le chevalier noir de Gotham, attirer Catwoman avec des chats morts, flignuer des caïds de la mafia siamois, humilier Green Lantern, se battre contre des requins zombis et faire des remakes rigolards de grands films comme Le bon, la brute et le truand, Le syndicat du crime ou encore The Killer. Garth Ennis détonne dans son écriture parvenant à mêler sans problème gore granguignolesque avec tranches de vies quotidienne où les héros débordent de sympathie. Le dessin de Mc Crea ne rentre pas dans les standards classiques des « encapés » car il met plus de détails sur une bouteille de bière Chimay (authentique) que sur les anatomies de ses protagonnistes et cela fait du bien.  Les deux compères en profitent pour tordre le cou du « super-héros » ne manquant jamais une occasion de les ridiculiser, eux leur morale et leur travers. Oubliez ce qui d’ailleurs depuis semble être devenu la marotte d’un auteur qui radote un peu. Oubliez The Boys, oubliez The Pro,  revenez à la source et savourez Hitman.

8- BATMAN CHRONICLES 5: ORACLE YEAR ONE: par John Ostrander et Brian Stelfreese

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Voici le second acte de naissance de Barbara Gordon. Ce n’est un secret pour personne, le joker l’a blessée lors de The Killing Joke et depuis elle  est restée clouée sur une chaise roulante. Elle jadis aspirante gymnaste aux J.O. est infirme. faisant directement suite à cette incroyable saga, ce petit numéro fait figure d’anecdote et pourtant John Ostrander  va la récuperer, la soigner pour que l’oisillon bléssé puisse redevenir un oiseau de proie. Cela commence par la visite d’un Batman mortifié qu’elle rejettera sans concession (Il paraît qu’on vous a vu rire avec le Joker… Vous parliez de quoi? De moi?), puis débutera l’inévitable rééducation et enfin le réapprentissage de la vie. Bien sûr Le Batman dans l’ombre va lui donner un coup de pouce mais c’est bien Barbara qui seule va progressivement se relever. Elle rejettera l’handicap, se réinventera en devenant ce pirate informatique  nommé ORACLE qui parviendra plus tard à coordonner tous les héros DC. La finesse de l’écriture se reflétera dans le graphisme clair/obscur de Brian Stelfreese trop souvent oublié tant son dessin possède une classe et une grâce folle. Ce type est épatant sa mise en lumière est bluffante. Je vous le dit : cela commence comme une forme d’épilogue pour se terminer en prologue où jamais la formule « the best is yet to come » n’a été aussi à propos.
 

7-  SWAMP THING DARK GENESIS par Len Wein et Berni Whrighston

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Len Wein s’associe avec Berni Wrighston pour créer un nouveau comics dans le ton des anthologies d’horreur qu’on appréciait autrefois aux States. C’est donc dans un style très « Creepy » ou « EErie » qu’est donc introduit le professeur Alec Holland qui sera bientôt transformé en monstre végétal à la site d’unréglement de compte. Les histoires ont par la suite un peu le même concept que la série TV HULK dans une fuite en avant (il a même un journaliste qui le suit à la trace). Nous aurons donc à chaque épisode un thème particulier abordé. Chateau hanté, loup garous, savants fous, zombis, nous voilà dans de purs films de la Hammer. Si le scénario ne possède pas une originalité délirante, il sert la soupe de manière plus que convainquante à l’artiste qui se transcende à chaque fois qu’il illustre le bestiaire halluciné de la série. Les créatures grotesques s’enchaînent dans un déluge puisant entre Jerome Bosch, Goya et les monstres classiques du cinéma.  A ce propos, les recueils en noir et blanc mettent davantage en valeur le travail ahurissant de Berni Wrightston sur les ombres et l’éclairage. Absolument magique, résolument une lecture qui marque par sa singularité et son visuel puissant. Moins philosophique et intello que la reprise par Alan Moore mais bien plus viscéral, plus fulgurant.

6- SOVEREIGN SEVEN par Chris Claremont et Dwayne Turner

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Ce fut presque un reflexe lorsque j’eus vent de ce titre que de vérifier ce que le gourou des mutants pouvait donner sur sa propre série. Assurément un produit bâtard, coincé dans un univers où les références extérieures étouffent le récit. Que ce soit l’ajout des furies du Quatrième monde de Kirby, le passage par Gotham, ou les apparitions d’Impulse ou de Power Girl, rien n’aide vraiment le bouquin à se faire une identité. Dommage car pourtant, le potentiel est bel et bien là. Sept princes interdimensionels ont été bannis de leurs royaumes par un mystérieux envahisseur. Aujourd’hui sur terre, ils tentent de refaire leurs vies tout en regroupant leurs forces pour un jour pouvoir reprendre le cours de leurs destinées.  Ils s’installent donc dans une auberge qui se trouve être également une sorte de nexus entre les dimensions. Leur cave donne donc sur l’Enfer, leur chat a un étrange don d’ubiquité et même les araignées semblent être douées de télépahtie. L’esprit de la forêt  semble avoir élu domicile dans les bois d’à coté et le shérif est parfois possédée par des fantômes samouraïs. A part ça tout va bien…
Le problème vient finalement d’une très grande confusion et d’un démarrage trop tardif de l’histoire principale (vers le n°20) gâchant ainsi un comics qui aurait pu être excellent. Reste quand même de bons personnages ( Cascade, Network, Indigo ou Finale), de bonnes ambiances et des moments de pures folies. Une des premières séries que j’ai suivie en VO et pour laquelle je garde une tendresse de fan.

5- BATGIRL BRUCE WAYNE MURDERER PART 2

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Cassandra Cain est un personnage désormais oublié qui fut pourtant l’une des tous meilleurs jamais crée dans la Bat-family (une sorte de brouillon de Damian même).  Jeune fille élevée pour être une arme vivante, elle maitrise parfaitement le langage du corps au détriment de la parole. Elle est donc presque « aphasique » et ne s’exprime que par monosyllabe. L’intelligence des auteurs est d’avoir vraiment construit leurs histoires autour de cette particularité. Les dialogues sont donc concis et percutants tout étant délicieux (un tour de force) et la mise en scène purement visuelle fait montre d’une virtuosité sans faille. Cet épisdode en particulier est hallucinant. Nouvelle arrivée dans le « clan de la chauve souris », elle ne Sait pas que Bruce Wayne alors soupconné de meutre n’est autre que son mentor caverneux. Elle ne comprend pas pourquoi tout le monde autour d’elle s’affole et la presse d’enquêter pour cet « inconnu ». Elle suit alors en silence et pas à pas la police dans le recueil des premiers indices. Cela l’entrainera à former ses propres déductions dans une économie de mots qui rendent les dessins d’autant plus incroyables. Tout est parfois dans un regard ou un reflexe. La tension et l’urgence sont palpables. L’un de mes épisodes tout préféré.  Certaines séries ont droit à la lumière, d’autres non sans que leurs qualités respectives en soient vraiment la cause. La série sur Cassandra Cain est à redécouvrir.

4- CATWOMAN: THE CAT FILES par Chuck Dixon et Jim Balent

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J’avais flashé sur la couverture de Catwoman en mariée. C’est donc pour cette raison que j’achetai mes premiers comics VO dans une librairie spécialisée (Déesse à Paris). Ceux-ci m’ont même été offert par Kanéda. Selina Kyle lors d’un cambriolage somme toute banal, se fait arrêter et se voit obligée de devenir un agent du gouvernement. Néanmoins elle sent vite l’embrouille et ce n’est pas sans péter une rotule à son contact qu’elle accepte le contrat. La mission la mènera jusqu’en Europe où elle devra frayer avec une sorte de prince mafieux plus ou moins corse qui la demandera en mariage. L’ennui avec les gangsters aristrocrates, c’est qu’ils ont du mal à entendre le mot « Non! ».  Chuck Dixon est un des maitre de ce que j’appellerai « le comics efficace » . On plonge direct dans l’action et ce seront les préripéties les plus saugrenues qui donneront le rythme au récit. On voyage, on tombe, on se relève, on fait des pactes foireux, puis on se cache, puis on saute. On n’a pas le temps de respirer. Coups de calcaires et explosions alternent donc dans un climat enlevé. On sens qu’on est en pleine période où l’action au cinéma était le royaume des Schwarzenegger, Stallone et autres Bruce Willis. Ce sont ici les courbes de la belle féline avantageusement dessinées par Jim Balent qui remplacent agréablement les muscles huilés des colosses hollywoodiens.  Perfect!

3- LEGIONS OF SUPERHEROES 1-6

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Posséder ce truc est un cauchemar. D’abord on croit acheter un truc sur les Vengeurs (et oui, Arédit l’a publié sous ce nom). Ensuite, on nous présente dans un futur au moins un cinquantaine de personnages. Il ont tous des noms à la con et semblent tous être la pâle copie d’un autre héros plus connu. C’est un bordel sans nom à comprendre et pourtant c’est le charme vénéneux de ce comics qui va bientôt opérer. On n’y comprend goutte mais on veut en savoir plus. Quelles sont les relations complétement tordues qui unissent la fratrie Lightning Lass, Lightning Lad et Lightning Lord? Qui est ce Nemesis Kid? Les dessins sont toujours complétement cinglés, la mise en scène délirante (gros plan sur l’architecture d’un batiment sans qu’on voit qui parle dans la scène). On y trouve aussi une reproduction anodine de la cène de Léonard De Vinci complétement gratos. Ce qui fonctionne vraiment bien, c’est ce sentiment de chaos lorsque les héros sont attaqués sur plusieurs fronts dans l’espace et cette ambiance à la Star Trek. Tout est coloré, exotique et véhicule bien cet aspect « Space Opera » désarmant que la série possède. En définitive, je le relis encore bien volontiers car si on excepte tous ces « kid » , »lass » etc.. c’est un récit assez intelligent .

2- BATMAN 251 par Denny O’Neil et Neal Adams

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Je ne sais plus qui a publié ce truc (Sagéditions?) mais c e fut longtemps mon seul et unique Batman. J’étais donc loin de me douter que l’histoire fut de celles qui restèrent dans la légende. Un synopsis depuis devenu classique: Le joker s’est évadé et se venge alors de ses sbires qui l’ont trahi et envoyé au trou. Batman suit sa piste mais toujours avec un train de retard. Evidemment le meilleur détéctive du monde saura le retrouver grâce à une déduction à la Sherlock Holmes. Il devra se battre par la suite avec un requin (une marotte du Batman) dont le sourire carnassier sera mis en paralèlle  avec celui du prince clown du crime dans une vignette au visuel percutant. Désormais, le bouffon de la série tv (sixties) est renvoyé aux oubliettes, voici le génial taré complétement vicelard qui s’épanouira encore davantage  chez Moore et Miller. Neal Adams livre son lot de planches « iconiques », pluie, poses, moments symboliques, la grâce est présente dans chaque image pour un résultat magique de bout en bout…

1- UNCANNY X-MEN VS NEW TEEN TITANS Par Chris Claremont et Walt Simonson

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jeunes titansOk…Ok c’est de la triche, c’est une BD Marvel…MAIS, il y a un « mais » ce fut ma vraie porte d’entrée vers l’univers DC, Parce que Batman, c’est Batman quoi… il est auto suffisant… Non, c’est dans cette aventure que je réalisai qu’il y avait tout une multitude de personnages riches, beaux et carrément fascinants: Les Jeune Titans. Entre Robin (celui de Batman), Starfire la princesse sexy de l’espace, Raven la mystèrieuse, Cyborg jeune homme mortifié dans sa chair mais refusant l’aigreur, Changeling le marrant colmplétement obsédé et une Wonder Girl sublime, ils ont chacun des affinités avec un X-man particulier… Ce pocédé se trouve d’ailleurs être diablement efficace pour donner à la fois du punch à cette confontation au sommet et dresser des portraits charismatiques. Les villains ne sont pas en treste puisque que nous avons droit à un apperçu de la mythologie des NEW GODS de Kirby en la présence de Metron, des Para-démons et surtout Darkseid. Deathsroke fait également une apparition remarquée, filant une rouste à l’ensemble des X-men à lui tout seul. Pour la première fois Cyclope se retrouve possédé par la force Phénix, mais le dénouement est tout autre que dans le grand cirque AvsX. Voilà une petite bombinette avec un Claremont en mode « Edmond Hamilton » et un Walter Simonson en digne disciple du King.

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MY 10 MARVELOUS MADELEINES

Pour ceux qui débarqueraient, le mot « madeleine » désigne un objet que l’on aime pour le souvenir qu’il éveille en nous et le plaisir qu’on en retire. Un pur élan de nostalgie personnelle, et par extension un plaisir coupable qu’on serait bien en peine de justifier, sinon par un bête: – Ben y’aime bien moâ! Ne cherchez donc pas ici de révélations, je vais tenter juste de rendre hommage à ces « petites » œuvres parce que sans elle, il n’y aurait pas de galaxie comics telle qu’elle est. Parce qu’elles sont le ciment sur lequel on a construit les chefs d’œuvres. Je vais aussi inaugurer la méthode du compte à rebours dans ce classement afin de faire monter une pression du diable… (Hé Riton, fais monter les pressions!!   Donc…

10- FIRESTAR par Tom De Falco et Mary Wilshire

2 Ca commence fort! Firestar fut à l’origine créée pour figurer dans un dessin animé aux coté du flamboyant Spider-man. Elle eut même cette occasion son petit quart d’heure de gloire et il fut décidé de lui donner-récompense suprême- sa propre mini série de comics. Angelica Jones est une ado du Massachusetts, un peu timide, les cheveux devant les yeux, protégée dans son cocon familial avec son père, sa grand-mère et son chat. Oui c’est une sorte de Peter Parker au féminin. Sa vie va changer (y’a quand même intérêt au Massachusetts) lorsqu’elle découvrira qu’elle est une mutante pouvant provoquer des coups de chaud. Dès lors son petit quotidien va voler en éclat et comble de malbol, le professeur Xavier ne parviendra pas à la recruter à temps parce que même les plus puissants télépathes ne peuvent rien contre… les embouteillages (mouhahahahaha!!!). C’est donc sous la houlette d’Emma Frost (alors une vraie garce ennemie des X-men) qu’elle fera son apprentissage dans la vie. Autant dire que dans ce milieu hostile, la pauvre va déguster. Son parcours sera douloureux entre manipulations et premières déceptions amoureuses. Un vrai petit Shojo manga avant l’heure en somme. De plus Mary Wilshire aux crayons est une nana, chose encore assez rare dans les années 80. Cette touche féminine justement nous éloigne du récit de super-héros trop redondant, à la fois dans les canons graphiques (les anatomies sont moins exacerbées au profit d’une certaine élégance) et même dans l’histoire où le quotidien et les émois de l’héroïne prennent le pas sur les artifices fantastiques. Je vous dirais pour conclure que SMALLVILLE a tout pompé sur cette série et pis c’est tout.
 

9- SPECTACULAR SPIDER-MAN 92-96: LA SAGA DE LA REPONSE par Al Milgrom.

93 J’ai toujours adoré ces épisodes et c’est avec surprise que j’appris en me documentant, qu’ils avaient été jugés tellement mauvais, qu’on intima l’ordre à Peter David fraîchement promu scénariste de la série de rebooster la série en la rendant plus « dark » (ce qui donna naissance à « La mort de Jean Dewolff »). Bref pour restituer le truc. Spider-man vient d’obtenir son costume noir et va enfin pouvoir mettre le vieux à la lessive. Il sort avec Black Cat qui ne supporte pas son alter-ego, il doit payer son loyer, bref il est dans une mélasse pas possible comme d’habitude. La dessus débarque le vilain le plus improbable: La Réponse. rien que le nom! on apprendra qu’il est en fait commissionné par le Caïd (qui ne gâche pas vie de Daredevil uniquement) pour surveiller la partenaire de Spidey. Le Caïd en effet cherche à guérir son épouse bien-aimée plongée dans un coma et pour cela devra mettre la main sur, la Cape et L’épée (deux potes à Spider-Man). Il essaiera de aussi de récupérer un créance de Black Cat et fera face au cyborg belliqueux Silvermane. C’est un peu le bordel car le tout est bouclé en 5 épisodes. Une performance au vu des critères actuels. Mais qu’est ce que fout Spider-man a dedans? me direz-vous. Et il vous faudra demander à la réponse (les scènes de dialogues avec le Caïd, quelle poilade!) jusqu’à la scène où il doit rabibocher Spider-man légèrement fâché avec sa dulcinée pour pouvoir se venger des deux en même temps!!! Tu parles d’un plan à la con. Cultissime.
 

8- STARLORD: ANNIHILATION CONQUEST par Keith Giffen et Timothy Green II

starlord Dans la poche éditoriale « cosmique » de Marvel ont existé tout un tas de petites séries bien sympas, dont celle-ci se situant pendant l’énorme crossover ANNIHILATION CONQUEST. Starlord alors blessé est récupéré par les Krees (extraterrestres insupportables) pour une mission suicide, mais il ne sera pas seul, d’autres persos ultra secondaires alors prisonniers des Krees le suivront dans ses péripéties. Non, vous ne révez pas, c’est le scénar des Douze salopards. C’est rythmé et totalement « Bad-ass » comme on dit de nos jours. c’est rigolo parce ques des petits malins ont vu le potentiel de cette série, parce que, de mini, c’est devenu une série régulière sous le nom des Gardiens de la Galaxie, et devinez quel film de chez Marvel sortira l’an prochain sur nos écrans ? Qui aurait pu croire que Starlord, Rocket Raccoon ( un raton laveur surarmé) et un homme-arbre (sorti du Seigneur des anneaux) allaient porter un film gros budget? Ces trois briscards sont ici aidés de Mantis ( à la masse la fille), Bug (échappé des micronautes dans une version érotomane), Deathcry (guerrière Shi’ar dans le rôle de l’élément incontrolable) et Captain Universe ( complétement paumé). Ils vont s’infiltrer dans une base phalanx et tout faire péter. Simple comme bonjour. Timothy Green est un dessinateur trop rare qu’il est agréable de suivre ici, alors à l’apogée de son style.
 

7- SHE HULK de Dan Slott, Juan Bobillo et Paul Pelletier

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Le comics que je lisais à la maternité quand ma fille est née,  le truc le plus frais aussi. Dan Slott est encore un relatif inconnu quand il débarque sur cette série comme un chien fou. Miss Hulk part à la dérive, elle boit, elle drague les mecs et son pouvoir part en vrille. Rien ne va donc plus pour notre avocate émeraude. D’ailleurs c’est cet aspect de sa vie qui va la remettre à flot. Engagée comme expert dans les affaires concernant la communauté super-héroïque, elle va succéssivement faire indemniser un plaignant qui considère ses pouvoirs comme un « accident du travail », elle va aider Spider-Man à intenter un procès à Jonah Jameson (le journaliste acariâtre qui en veux à Spidey) avant de se retrouver dans gigantesque litige cosmique qui se règle selon les lois  en vigeur dans un combat de boxe à mort. Outre le coté loufoque et enlevé de l’affaire, La caractérisation des personnages est top, la continuité sert à l’auteur pour ses idées les plus biscornues et graphiquement Bobillo dépote  n’hésitant pas à donner un traitement assez personnel et grassouillet aux colosses du monde Marvel. Jennifer est donc craquante dans cette incanation toute en rondeures sensuelles.  Que du bonheur ce truc.
 

6- THE NEW WARRIORS: FOREVER YESTERDAY par Fabian Nicieza et Mark Bagley

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Fabian Nicieza est à mon sens de la même trempe que Kurt Busiek, sauf qu’il n’a jamais eu de Marvels ou d’Astro City à son CV. Il aime l’univers dans lequel il travaille, il le sert. Son amour pour les personnages secondaires et pour leur folklore transparaît dans tout ce qu’il écrit. C’est donc naturellement qu’il porta ce projet de « New Warriors » qui rassemblait justement les « oubliés » de l’univers Marvel entre Namorita, Nova, Speedball, Night Thrasher, Marvel Boy et Firestar. Il en a fait rapidement un comics solide, fun à lire où il allait pouvoir s »éclater. Dans cette saga, il ose faire un remake/hommage à « Days of the Future past » des X-Men. Le monde est en ruine et on peut observer qu’une faction de rebelles  tentent désépérement de renverser le Sphinx qui a réécrit toute la réalité selon ses désirs vingt ans avant House of M ou Age Of Ultron. C’est toujours avec un grand bonheur qu’on voit ces versions alternatives des Vengeurs « orientaux » dans ce récit pourtant très court ( une soixantiane de pages) mais diablement inventif. En mélangeant ses « petits héros » aux grandes pointures  de l’univers Marvel (Magneto, Thor-pardon Horus, Tornade , les Fantastiques), il parvient donc à leur donner une stature équivalente. Dorénavant, on devra compter avec eux.
 

5- CAPTAIN MARVEL : FIRST CONTACT Par Peter David et Chriscross

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C’est un fait, Peter David n’a jamais écrit de croûte. Ce type est un surdoué apportant avec lui un vent de modernité, d’humour, de sens du gag et de la dérision. Il peut également parfois se faire plus violent et acide, c’est un vrai touche à tout. Il revisite ici la relation Rick Jones/Captain Marvel en  y incorporant des quiproquos hallucinants. Chaque acteur traine avec lui un caractère de cochon donnant un piquant particulier à leur « cohabitation ». David excelle aussi dans ses choix de castings très riches et très réussis. De Marlo (l’ex de Rick mais qui revient) hantée par des fantomes grincheux, à Drax flatté qu’on le prenne pour Hulk, toujours à la recherche de sa fille Dragon-lune, télépathe Psycho-rigide qui elle, ne cesse de vouloir le semer, on a toute une bande joyeux drilles que la « conscience comsmique » du héros perturbent à peine. Enfin nous avons des guests à foison, Hulk, Wendigo, le Surfer,l ‘intelligence suprême, ils sont tous là, en pleine forme pour des aventures hautes en couleurs. ChrisCross est un dessinateur très charismatique affectionnant la déformation des « gueules » des ses persos. Il grimacent exhibant leurs dents, et leurs langues en secouant des chevelures de fous. On a l’impression d’assister en permanence à un concert de métal. Une lecture qui fait du bien.
 

4- EXCALIBUR: MOJO MAYHEM par Chris Claremont et Arthur Adams.

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On le sait lorsque Chris Claremont est aidé d’un dessinateur surpuissant, il est capable de sommets. Avec Alan Davis ou Arthur Adams, on est sûr de lire un truc qui bastonne.  De plus sur Excalibur, Chris nous a habitué aux concepts un peu fumés… Il introduit ici les X-Babies, sortes de doubles enfantins et complétement tarés des originaux. C’est Kitty Pryde qui ve se charger de les babysitter à travers toute l’Angleterre. C’est oublier qu’ils sont les propriétés de Mojo (un tyran vivant sur une planète où la télé réalité est devenue le mode de vie). Ils veut donc les récupérer…  C’est un plaisir de voir Claremont se parodier avec beaucoup de dérision. Il maitrise la psychologie de ses petits gnomes comme personne et n’oublie pas le passage obligé aux toilettes de tout sortie avec des petites têtes blondes.  Adams en rajoute encore une couche en leur donnant de mignons petits bidons à ces habituelles nymphettes et  des mimiques  impayables à ces héros irréprochables ( la tronche du Wolvie). c’est assez tendre dans l’ensemble mais c’est surtout très drôle. Jubilatoire.
 

3- SPIDER-MAN & THE X-MEN: SAVAGE LAND par Chris Claremont, Michael Golden, Dave Cockrum et Paul Smith.

Le royaume de ka-zar
 
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Tandy Bowen recherche son fiancé Karl Lykos perdu dans la Terre Sauvage, ilôt perdu au milieu des glaces où perdurent encore les dinosaures, les cro-magnons, les dodos, les kurdes et tout ce qui a disparu en ce bas monde.  Pour cela, elle aura recours au seul qui peut savoir ce qu’il est devenu à svoir l’ancien X-man Angel et fera fiancer l’expedition par le Daily Buggle, ce qui entraînera ce bon vieux Spider-Man en tant que photographe reporter. Evidemment, tout ça va partir en quenouille et il faudra une expedition de X-men pour dédouaner la première mission. En effet le fiancé a pas mal changé et le mal rôde autour des tribus pacifiques de ce monde vierge à la Conan Doyle.  Récit en deux parties bien distinctes, nous sommes donc dans un faux crossover ou un faux team-up au casting Pléthorique puisque l’on y croise également Ka-zar, Zabu, les néo-mutants et Sauron. Quel souvenir traumatisant que cette « machine à regresser » transformant notre brave tisseur en véritable monstre à huit yeux ou ces adorables jeunes femmes en affreuses créatures simiesques se partageant un lézard. C’est mon premier X-Men, c’est par ce bouquin que tout a sans doute commencé.
 

2- HULK AND THE THING: THE BIG CHANGE par Jim Starlin et Berni Wrighston.

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Mais qu’est ce qui a bien pu arriver à Jim Starlin et Berni sur ce graphic novel? Un abus de crack? un pari perdu? En le lisant, vous aurez du mal à croire que c’est la même équipe artistique qui a accouché du très malsain Batman: The Cult (Enfer Blanc en VF). Non ici, les deux compères lancent les deux béhémoths Marveliens dans une quête dans l’espace complétement absurde, ou Hulk transforme une pieuvre en chapeau seyant avant de philosopher sur le ragoût de mouton. On ne poura jamais oublier cette réplique:
La chose: Hulk, ce trodu insulte ta mère, il te traite de communiste, de rouge!
Hulk: Non, pas rouge! Hulk Vert!!!
Le tout se terminera en queue de poisson quelques pages plus loin dans une ambiance des plus rigolardes!  Malgré cela , Wrighston nous ravit une fois encore avec son bestiaire grotesque magnifiquement rendu, son art de la lumière et des ombres. Le resutlat nous donne donc Hulk et la Chose bourrés dans une farce en plein milieu d’un conte de la crypte… Bizarre, oublié aujourd’hui et pourtant le comics, c’est aussi ça et c’est bon!
 

1- NIGHTCRAWLER par Dave Cockrum

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Cela pouvait se deviner, Dave Cockrum devait se sentir à l’étroit chez les X-Men. Il emmène donc son personnage fétiche à travers un voyage délirant à cheval entre le Septième voyage de Sinbad et les Monthy Python. Diablo tombe par mégarde dans un puits transidmentionnel et se trouve embarqué dans une histoire emplie de sorcellerie, de princesses à sauver, de pirates des airs, de dragons hargneux et des créatures pour le moins supectes: les boggies auxquels notre ami ressemble étrangement. L’auteur s’en donne à coeur joie entre décors de dingues et  duels au sabre, il s’amuse sans pour autant sacrifier à une narration toujours fluide et invisible ce qui est l’art des grands conteurs. Puis virage à 90 degrés et nous voilà transporté dans un autre monde où les X-Men possèdent des doubles pour le moins pitorresques (ceux du fameux conte de Kitty Pryde). Les dialogues percutent , les situations sont hilarantes et la lecture est jouissive.  Nous retrouvons donc les Bamfs, peuple de Diablos miniatures dont l’auteur se sert pour se moquer vaguement des Schtroumpfs. Ce sont des petits hommes bleus vivant entre mecs dans des racines géantes en forêt. On y trouve même une réponse quant à l’absence de femmes dans le village.  Ce bouquin est superbement dessiné, bien foutu, très drôle et sans doute mon meilleur souvenir de comics de ma jeunesse. Aujou’d’hui, je n’attends qu’une chose: le futur titre que Jason Aaron annonce, le retour du vrai Diablo,histoire que l’esprit de Monsieur Cockrum puisse revenir un peu également.